Cinq genres en cinq livres exemplaires

Illustration tirée du livre «Le tricot» de Jacques Goldstyn
Illustration: Jacques Goldstyn Illustration tirée du livre «Le tricot» de Jacques Goldstyn

La crème de 2020 côté jeunesse, bédé, poésie, polar et essai.


JEUNESSE

1. Le tricot, Jacques Goldstyn (La Pastèque)

Jouant de poésie, de beauté, de simplicité et de tout ce qui réunit l’humain, Jacques Goldstyn remporte la palme du meilleur livre jeunesse avec Le tricot (La Pastèque). Avec sensibilité, candeur et tendresse, l’auteur nous raconte l’histoire de cette grand-maman qui lègue à sa petite Madeleine un foulard tricoté avec des bouts d’histoire familiale. Aussi imparfait que précieux, ce tricot s’offre comme un conte sur l’importance et la richesse de la transmission, sur ce lien précieux tissé entre les générations.

Marie Fradette


BÉDÉ

2. Payer la terre, Joe Sacco (Futuropolis)

Parue en février 2020, cette bédé documentaire met en scène son auteur, Joe Sacco, qui va à la rencontre des Dénés, un groupe des Premières Nations installé principalement dans les Territoires du Nord-Ouest. Ce qui rend cet ouvrage exceptionnel est le fait que Sacco laisse un peuple se raconter lui-même, avec transparence et recul, en lui laissant la parole. Le tout s’exprimant par un dessin magnifique, simple et juste. Un document essentiel.

François Lemay


POÉSIE

3. Pendant que Perceval tombait, Tania Langlais (Les Herbes rouges)

Parler de la mère et de la mort. Parler de Virginia Woolf et des Vagues. Traverser l’œuvre de laromancière. Ce projet marque le retour d’une grande poète qui a gardé silence trop longtemps. Ce très beau recueil nous tend, avec une grande pudeur, des visages de la mort lente ou brutale, des disparitions, et ce n’est pas peu que d’accepter « la sobriété de faire des livres », comme le prouve ici Tania Langlais. Retenu dans la première liste de sélection du Prix des libraires, ce recueil mérite qu’on se rallie à une parole forte qui parle au féminin de la précarité de la survie.

Hugues Corriveau


POLAR

4. Toute la violence des hommes, Paul Colize (Hervé Chopin)

Toute la violence des hommes de Paul Colize, chez Hervé Chopin, raconte l’histoire bouleversante d’un survivant de la sanglante prise de Vukovar par les Serbes. Soupçonné de meurtre, l’homme refuse de répondre et est placé en institution. Il a peint d’immenses murales à travers la ville ; ces fresques racontent l’histoire du petit garçon terrorisé traversant la Croatie dévastée et qui se retrouve en Belgique, où se déroule cette histoire implacable. Colize crée, à chaque nouveau livre, des atmosphères aussi lancinantes qu’envoûtantes.

Michel Bélair


ESSAI

5. L’effet Trump, Charles-Philippe David (PUM)

La défaite de Trump à la présidentielle du 3 novembre marquera la fin d’un cauchemar pour les États-Unis et le monde. Charles-Philippe David scrute de façon magistrale les traces difficilement effaçables que le dirigeant solitaire et imprévisible a laissées dans L’effet Trump. Quel impact sur la politique étrangère des États-Unis ?L’électoralisme de Trump réduisait la planète aux États-Unis en déclin, aveuglés par la nostalgie de leur grandeur.

Michel Lapierre