Les dessins du parolier

Photo: Éditions Station t, photomontage «Le Devoir»

Illustrateur ? Luc De Larochellière n’oserait pas le mot. Il griffonne depuis toujours, voilà tout. Il aura fallu la pandémie pour que, d’un vague dessein, le temps inespéré (et bien désespérant) du confinement dessine un vrai projet. S’est ainsi rempli d’images le blanc qui régnait jusqu’alors autour des mots dans les livrets de ses albums. Il en résulte des chansons pour les yeux : l’écriture liée de Si fragile devient le fil de forains en équilibre précaire, des volutes psychédéliques se lovent à Ma génération… Toutes les techniques y passent, le style de l’auteur-compositeur est moins affirmé. Dessin naïf ici, d’après photo là, traits à la Tardi un peu partout, il s’agit surtout de suivre notre grand Luc sur les chemins sans balises de son inspiration, à bord d’un véhicule pas trop contrôlé, à la différence de ses musiques expertement dirigées. Des fois, ça prend le dalot. Le plus souvent, la randonnée ravit. Plaisir du risque partagé : c’est beau, un pro en terrain pas pro.

 

 

Les dessins du parolier

★★★ 1/2

Luc De Larochellière, Station t, Montréal, 2020, 88 pages