Môman travaille pas, a trop d’ouvrage!

Photo: Éditions Remue-ménage, photomontage «Le Devoir»

La boutade qui tient lieu de titre à cette pièce marquante du répertoire québécois, chipée en toute connaissance de cause à Yvon Deschamps, concentre bien l’esprit de son époque. Mais pas que. La phrase, à l’instar de la pièce phare du Théâtre des cuisines, se détourne d’autant mieux au présent que la pandémie a ramené bien des femmes dans leurs chaumières. Cette nouvelle édition de Môman travaille pas, a trop d’ouvrage !, préfacée brillamment par Naïma Hamrouni, trace des parallèles fascinants entre le choc de ce texte pluriel paru en 1976 (fruit du travail à dix mains de Solange Collin, Carole Fréchette, Denise Fortier, Véronique O’Leary et Pierrette Savard) et la violence sourde de la charge mentale qui plombe les femmes orchestres aujourd’hui. Un monument féministe qui embrasse bien plus large que la cause des femmes : « Ce qu’on veut pour dans longtemps, c’t’un monde vivable pour tout l’monde. » À (re)visiter pour penser la suite, parce que « pour vivre à part entière, y a le monde à refaire ».

Môman travaille pas, a trop d’ouvrage!

★★★★

Le Théâtre des cuisines, Remue-ménage, Montréal, 2020, 76 pages



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