Un pilier de l’édition québécoise s’effondre

René Bonenfant était une figure très respectée du monde de l’édition, où il était considéré comme un sage et un mentor.
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir René Bonenfant était une figure très respectée du monde de l’édition, où il était considéré comme un sage et un mentor.

L’homme de lettres et éditeur, ancien président du Salon du livre de Montréal et fondateur des éditions Le Noroît, René Bonenfant, est décédé le week-end dernier.

René Bonenfant avait aussi repris la maison d’édition Les heures bleues, fondée par Serge Théroux et Gilles Pellerin, avant de la céder à Pierre Desautels en 2016.

René Bonenfant était une figure très respectée du monde de l’édition, où il était considéré comme un sage et un mentor. « C’était un sage avec de l’humour », disait mardi Serge Théroux, président-directeur général de Dimedia. « Il fait partie des gens qui avaient une vision », dit-il.

C’est en 1971 que René Bonenfant a fondé les éditions du Noroît, avec sa conjointe Célyne Fortin. Bonenfant était alors à l’emploi des Presses de l’Université de Montréal. « Comme nous voulions œuvrer dans un champ autre que l’édition commerciale, nous avons pensé à la poésie », disait René Bonenfant, en entrevue à Paul Chanel Malenfant en 1991 dans la revue Urgences.

« Le livre de poèmes doit être bien fait parce qu’il est fait pour durer, disait-il aussi. Il n’appartient pas à la consommation rapide et éphémère. »

Ceci étant dit, René Bonenfant était aussi un habitué de la foire du livre de Francfort, et un fin connaisseur des modalités entourant les droits internationaux dans le monde de l’édition.

« C’est probablement la personne qui avait le plus d’expérience dans ce domaine », dit Pierre Desautels, qui a repris Les heures bleues à la suite de René Bonenfant en 2016.

Pour Pierre Desautels, c’est tout un pan de l’histoire de l’édition du Québec qui disparaît. « Il aurait dû écrire ses mémoires », dit-il. « Il connaissait tous les grands écrivains. »

En 2019, René Bonenfant a reçu le prix Fleury-Mesplet, avec Rachel Bédard, pour son travail dans le monde de l’édition au Québec. En plus de consacrer beaucoup de temps et d’énergie à diverses associations, toutes reliées au monde du livre, René Bonenfant a contribué à « créer des ponts entre les éditeurs littéraires et les généralistes », mentionnait-on dans le communiqué annonçant la remise de ce prix.

René Bonenfant a travaillé autant dans le domaine de la littérature, de la poésie, que dans celui de la littérature jeunesse, du livre savant, des beaux livres, des livres pratiques ou des biographies.

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