Une jasette avec Sarah-Maude Beauchesne

Jessica Dostie Collaboration spéciale
Quand elle trouve un livre qui lui plaît, Sarah-Maude Beauchesne peut le lire trois fois.
Photo: Kelly Jacob Quand elle trouve un livre qui lui plaît, Sarah-Maude Beauchesne peut le lire trois fois.

Ce texte fait partie du cahier spécial Le petit D

L’autrice Sarah-Maude Beauchesne a écrit plusieurs romans (tu as peut-être même déjà lu son dernier livre, L’été d’avant, inspiré de la télésérie L’Académie). D’ailleurs, elle signe le scénario de cette populaire émission et s’apprête à publier le tome 2, L’été d’après, à la fin de juin. On a discuté écriture, littérature et syndrome de la page blanche avec celle qui est aussi co-porte-parole du concours booktube Livre-toi organisé par l’Association nationale des éditeurs de livres.

Tu as fait de l’écriture ton métier. As-tu toujours aimé écrire ?

Oh oui ! Depuis toute petite, j’écris des journaux intimes. J’étais une enfant hypersensible et anxieuse, et écrire mes états d’âme chaque jour dans mes journaux intimes m’a vraiment sauvée. C’est aussi ce qui m’a permis de trouver ma voie et de raffiner ma plume, en plus de développer mon cerveau : en écrivant, j’ai eu des prises de conscience déterminantes, qui sont par la suite devenues les prémices de mes œuvres.

Mes journaux intimes sont restés très importants pour moi — je suis une personne nostalgique et je les relis presque au complet chaque année. S’il y a le feu, c’est la seule chose que je sauve ! Et encore aujourd’hui, à 30 ans, je continue à mettre des mots sur ce que je ressens. J’en ai besoin.

Étais-tu aussi une grande lectrice ?

Je n’ai jamais été un rat de bibliothèque. Je ne suis pas la fille typique qui aime écrire et qui lit un livre par semaine. Je suis une lectrice assez sélective et, quand je trouve un livre qui me plaît, je peux le lire trois fois.

Quels romans t’ont le plus marquée ?

J’ai lu les Harry Potter cinq fois chacun. C’était la première fois que je me créais un groupe d’amis grâce à un livre. L’univers de J. K. Rowling a marqué ma vie, au point que je me suis fait faire un tatouage ! Comme beaucoup de jeunes femmes de mon entourage, l’œuvre de Dominique Demers m’a aussi marquée. Les livres d’Anique Poitras également.

Qu’est-ce qui t’inspire le plus ?

À la base, je me fie à ce que j’ai vécu. Je pars de quelque chose de personnelparce que c’est vraiment important pour moi que le résultat soit authentique. Évidemment, comme ce genre de ressources est épuisable — je n’ai pas tout vu ni tout vécu ! —, je m’inspire également de mes rencontres. J’ai en plus été très influencée par les séries télé marquantes de mon adolescence, Degrassi par exemple. C’est donc un mélange de mon vécu, de ce que je vois et des œuvres que je consomme.

Quels sont tes trucs pour surmonter le syndrome de la page blanche ?

Quand je suis intimidée par un projet, je commence toujours par écrire sur ce que je connais. C’est d’ailleurs le meilleur conseil qu’on m’ait donné : ne jamais sous-estimer ce qu’on connaît. Et ça débloque tout le temps, car il n’y a rien de plus instinctif que de raconter sa propre histoire. C’est donc le conseil que je donne à mon tour : écris d’abord sur ce qui te touche personnellement. Après, tu verras, tu vas te « dégêner » l’écriture.

Trois livres à découvrir

Que lire en ces temps de confinement ? Sarah-Maude Beauchesne te suggère trois titres écrits par des auteurs d’ici.

Une bande dessinée : La grosse laide, de Marie-Noëlle Hébert (XYZ)

« Ado, j’aurais aimé lire quelque chose qui abordait ce sujet. Il me semble que ça m’aurait enlevé une pression sur les épaules. »

Un roman : Baby Boy, d’Antoine Charbonneau-Demers (Éditions du Parc en face)

« C’est un auteur qui ne prend pas ses lecteurs pour des niaiseux. Dans ce premier roman jeunesse qui vient de sortir, il aborde les questions queer. »

Un essai : Manuel de résistance féministe, de Marie-Eve Surprenant (Remue-Ménage)

« C’est un essai pas trop intimidant, qui aide à replacer les femmes dans l’histoire du Québec et du Canada, chose qu’on ne voit pas à l’école. Et c’est un sujet tellement important ! »