Les flâneurs


Odile Tremblay

Sur les ondes de StudioCanal

Confinement pour confinement, je suggère aux cinéphiles d’ajouter la française StudioCanal à la liste des chaînes de télévision disponibles sur leur câble (et débrouillée jusqu’à la fin du mois). Elle diffuse des films français et internationaux, des classiques comme de vraies curiosités autrement introuvables. Je me suis délectée pour ma part d’y avoir revu l’immortel Quai des brumes et La vie devant soi, d’après le roman d’Émile Ajar. Ou même le très mauvais Le pays d’où je viens, avec Gilbert Bécaud et Françoise Arnoul, premier film en couleur de Marcel Carné, prouvant que les grands cinéastes peuvent aussi s’égarer.

 


Caroline Montpetit

Poésie hygiénique

Cela arrive chaque matin dans ma boîte courriel, sans aucun risque pour la santé : un partage, quelques mots de poésie, signés Gabrielle et Samuel. Le Mois de la poésie, qui a pris un virage numérique, propose à toutes les personnes intéressées de s’inscrire au projet En t’attendant, je déjeune au cidre de pommes. Gabrielle Ferron et Samuel Corbeil s’y échangent des poèmes chaque jour et les partagent avec le grand public. « Un bateau de croisière coréen qui débarque dans le Vieux-Québec, écrivait Gabrielle mardi, ça me fait le même effet que lorsque, petite, j’échappais mon sac de billes par terre. »


Ralph Elawani

Devenir invisible

Apprendre la disparition, en l’espace de trois jours, de l’artiste et provocateur(rice) Genesis P-Orridge et de l’écrivain-voyou Édouard Limonov — figures marginales devenues « visibles » par la force de leur extrêmophilie — renvoie étrangement, par la bande, au livre d’Akiko Busch How to Disappear. Un recueil d’essais sur le pouvoir de l’invisibilité et de l’anonymat en cette ère de transparence criée à tue-tête. Une commande à placer chez votre libraire, question de faire une pause durant ces journées de télétravail où conspirationnistes et influenceurs se disputent votre attention.