Une programmation diversifiée anime le 14e Salon du livre jeunesse de Longueuil

Outre le plaisir de bouquiner et de rencontrer une jolie panoplie d’auteurs et d’illustrateurs, le salon compte deux scènes et un petit autobus-théâtre qui accueillent spectacles et animations.
Photo: iStock Outre le plaisir de bouquiner et de rencontrer une jolie panoplie d’auteurs et d’illustrateurs, le salon compte deux scènes et un petit autobus-théâtre qui accueillent spectacles et animations.

C’est aujourd’hui, vendredi, que débute le 14e Salon du livre jeunesse de Longueuil. Jusqu’à dimanche, enfants, adolescents et adultes épris de lecture pourront déambuler parmi quelque 80 auteurs, illustrateurs, maisons d’édition… L’occasion de bouquiner, de rêver, de s’ébaudir et de rigoler, mais aussi d’assister à des spectacles et à des séances de dédicaces pour découvrir qui se cache derrière un livre.

Au Québec, depuis un certain nombre d’années, la littérature jeunesse est devenue l’un des secteurs les plus dynamiques de l’édition. Elle investit les écoles et les programmes scolaires, les bibliothèques, les salons du livre, les chambres des enfants.

« Lire, c’est une barrière contre la solitude », dit Simon Boulerice, auteur, conférencier et porte-parole de ce salon qui s’adresse aux jeunes. « Depuis l’enfance, je lis des histoires pour étancher ma solitude, pour comprendre que je ne suis jamais seul. »

L’auteur, entre autres, des ouvrages Je vais à la gloire, Le dernier qui sort éteint la lumière et Le pelleteur de nuages décrit le Salon du livre jeunesse comme un événement festif, créatif, et un lieu exceptionnel de rencontres entre jeunes lecteurs, auteurs, illustrateurs et éditeurs.

« La dédicace est un moment de partage intime entre le bouquineur et l’auteur, dit Simon Boulerice. Ça permet au lecteur de désacraliser cet auteur, de voir concrètement qui se cache derrière un ouvrage, de mettre un visage sur le créateur. »

Lire, c’est une barrière contre la solitude. Depuis l’enfance, je lis des histoires pour étancher ma solitude, pour comprendre que je ne suis jamais seul.

Le monde est BIG

Ouvert à tous et entièrement gratuit, cet événement littéraire se tient à la salle Jean-Louis-Millette du Théâtre de la Ville, à Longueuil. Outre le plaisir de venir y bouquiner et y rencontrer une jolie panoplie d’auteurs et d’illustrateurs, deux scènes et un petit autobus-théâtre accueillent spectacles et animations.

Notons, par exemple, l’animation « Le monde est BIG » de Marilou Addison. L’auteure en littérature jeunesse — et invitée d’honneur du Salon —, bien connue pour sa série Le journal de Dylane, sera présente tous les jours pour serrer la pince aux jeunes lecteurs et à leurs parents, et pour mettre à rude épreuve le talent des dessinateurs en devenir.

Lors de l’animation « Mystère à la ferme », l’auteure et illustratrice Sandra Dumais créera avec les enfants une enquête à résoudre pour l’inspecteur Biquette, le fameux enquêteur chargé de retrouver l’oeuf dans Crimes à la ferme ! L’affaire de l’oeuf disparu.

Le spectacle Lili et Virus à l’aventure met en scène Lise Maurais, la seule ventriloque francophone au Canada à maîtriser depuis 30 ans cet art mythique.

Tortue Berlue

Notons aussi le conte Henri Barbeau, par le Théâtre Tortue Berlue, et Complètement Léon, mettant en vedette un petit bonhomme allumette attachant comme tout, par l’auteure et illustratrice Annie Groovie.

« J’aime beaucoup ce salon du livre », dit l’auteure pour enfants, qui griffonne depuis 2002 ce petit cyclope rigolo, gourmand, naïf et maladroit nommé Léon. Subtilement, celui-ci réussit à passer mille et un messages pour faire réfléchir.

« D’abord, parce que c’est un salon jeunesse seulement ; puis, parce qu’il n’est pas trop grand et harassant à parcourir, poursuit-elle. Comme il est moins connu que le Salon du livre de Montréal, les files y sont moins longues pour rencontrer les auteurs et illustrateurs. Ici, ce sont les enfants qui amènent leurs parents, et non les parents qui amènent les enfants ! »

Si, pendant les trois jours de ce salon, il est prévu qu’Annie Groovie dédicace un livre de sa nouvelle collection « La vie rêvée de Léon et ses amis ! Une journée à tout casser », rien n’empêche d’apporter un Léon d’une autre collection. Il y en a plus de 50.

Vous seriez surprise de voir le nombre de personnes qui viennent me rencontrer pour connaître les origines du clan autochtone Les Papinachois. Elles savent que je suis Métis, avec une généalogie claire. Mon espace dans les salons prend parfois des allures de confessionnal !

La culture autochtone

Pour une deuxième année, la culture autochtone rayonne au coeur de l’événement. Dans l’un des couloirs qui mènent vers la salle Jean-Louis-Millette, de larges panneaux racontent l’histoire des peuples autochtones. Une grande place est aussi consacrée à la riche littérature amérindienne.

Parmi les grands invités, on compte le romancier, conteur, poète, dramaturge et ethnologue Michel Noël. L’auteur de 75 ans, d’origine algonquine, sera sur place durant les trois jours du salon pour dédicacer Métis ainsi que Les Papinachois — premier livre d’une série de douze, qui raconte la vie d’un clan algonquin sur la côte nord du fleuve.

« Dans tout ce que j’ai fait, la série Les Papinachois, écrite au début des années 1980, est celle à laquelle je suis le plus attaché », précise l’auteur, né à Messines, en Outaouais. « Ils sont parmi les premiers classiques de la littérature jeunesse au Québec. On y découvre la place centrale de la nature dans la vie quotidienne, la sagesse du père et l’importance des grands-parents dans la transmission des connaissances. »

Les Papinachois, un clan autochtone, parlent d’école, d’ancêtres, d’ours, de chasse, de bleuets, de banique, de rêve… et leurs histoires se transmettent, depuis quelque trente ans, de génération en génération.

« Il n’y a pas que les enfants qui viennent me serrer la pince dans les salons, je vois aussi des grands-mamans arrivées avec Les Papinachois aux séances de dédicaces. Et vous seriez surprise de voir le nombre de personnes qui viennent me rencontrer pour connaître les origines de ce clan. Elles savent que je suis Métis, avec une généalogie claire. Mon espace dans les salons prend parfois des allures de confessionnal ! » dit l’auteur en rigolant, avant d’ajouter qu’il aime beaucoup ce salon destiné uniquement à la littérature jeunesse.

Pour connaître l’horaire du Salon, des spectacles, des animations et des dédicaces : lafetedulivre.com/sl-longueuil-public