L’écrivain français Hubert Mingarelli rend l’âme

Écrivain très discret, Hubert Mingarelli était un auteur économe de ses mots au style épuré.
Photo: U. Anddersen Écrivain très discret, Hubert Mingarelli était un auteur économe de ses mots au style épuré.

L’écrivain français Hubert Mingarelli, lauréat du prix Médicis en 2003 et dont le dernier roman figurait dans la sélection du Goncourt, est mort ce week-end à l’âge de 64 ans, a-t-on appris lundi auprès de son éditeur.

« C’est une nouvelle très triste. Hubert Mingarelli est décédé des suites d’une longue maladie », a annoncé la maison Buchet-Chastel à l’AFP. Il était l’auteur d’une vingtaine de romans.

Écrivain très discret, Hubert Mingarelli était un auteur économe de ses mots au style épuré. En entrevue au Devoir, en 2004, lors d’un séjour au Québec dans la foulée de son prix Médicis pour Quatre soldats, l’écrivain expliquait son approche pour ce roman où il ne se passe pas grand-chose et dont, pourtant, on émerge avec plein d’images, de sensations et d’idées. « Pour moi, la littérature doit nous toucher au ventre et nous émouvoir. Avec de l’action ou pas, peu importe, pourvu que l’auteur soit juste et sincère. Toutes les formes sont bonnes, tant qu’elles ne mentent pas. »

Voyageur, l’écrivain avait quitté l’école très tôt, ne se sentant pas fait pour cela, préférant prendre le large. Après avoir sillonné les mers du globe, il s’était lancé dans l’écriture dans les années 1990. Ses premiers livres ont été publiés en collection jeunesse.

Dans ses ouvrages, il s’est beaucoup intéressé aux relations père-fils, creusant un sillon très masculin où les femmes sont souvent absentes. « Mes personnages masculins sont seuls, peut-être parce que abandonnés, ou par manque de chance, ou parce que c’est la vie, expliquait-il lors de cette entrevue accordée au Devoir. […] Presque tout le temps, ce que font mes personnages est déterminé par cette absence, par ce manque. Alors parfois on me reproche d’être misogyne. Sauf que c’est tout le contraire. Les femmes, par leur absence, sont les premiers personnages de mes livres. »

Ses héros étaient souvent des enfants ou de jeunes hommes comme dans Quatre soldats, où l’un d’eux est à peine sorti de l’adolescence. « Je fais souvent parler les enfants de leurs désirs fous qui aident à vivre, confiait Mingarelli au Devoir. Mais je ne pense pas que ces rêves aient quitté les hommes de mes livres. Ils les ont toujours en eux. Encore en attente, ou alors irréalisables. Mes personnages ne cessent jamais de grandir et n’ont jamais oublié leur enfance, comme chacun de nous. »

Son dernier roman, La terre invisible, avait été sélectionné l’an dernier par le jury du prix Goncourt. Il avait aussi reçu le prix Landerneau et le prix Louis-Guilloux en 2014 pour L’homme qui avait soif. Hubert Mingarelli était le seul Français, avec Annie Ernaux, à figurer l’an dernier dans la sélection du Man Booker.

Avec Le Devoir