L’auteure de «Prozac Nation», Elizabeth Wurtzel, est décédée

L’écrivaine américaine Elizabeth Wurtzel, en 2016
Photo: Facebook / elizabethwurtzel L’écrivaine américaine Elizabeth Wurtzel, en 2016

L’auteure américaine Elizabeth Wurtzel, qui avait mis en lumière la dépression chronique et contribué à instaurer un nouveau style d’écriture confessionnelle dans son livre Prozac Nation, est décédée mardi. Âgée de 52 ans, elle a succombé à un cancer, selon plusieurs médias.

Son mari, Jim Freed, a confirmé au Washington Post que l’écrivaine combattait un cancer du sein métastatique, qui s’était répandu au cerveau. Elle est décédée de complications à Manhattan.

En 2015, Mme Wurtzel avait rendu publique sa maladie, dont elle documentait l’évolution et ses traitements sur son compte Twitter, ainsi que dans les pages du New York Times. Après avoir appris la nouvelle, elle s’est engagée dans la promotion du test de dépistage génétique, qui permet d’identifier les gènes liés au cancer.

Diplômée des prestigieuses universités Harvard et Yale, Elizabeth Wurtzel a été à la fois journaliste, critique et auteure. Elle a connu la notoriété à l’âge de 27 ans après avoir publié en 1994 Prozac Nation, à propos de son propre combat contre la dépression, ayant été l’une des premières patientes à être traitée avec l’antidépresseur Prozac.

Prozac Nation a contribué à entamer des discussions sur la maladie mentale, un thème largement tabou à l’époque de sa publication. Il a également donné naissance à un nouveau genre littéraire. « Le génie littéraire de Lizzie ne réside pas seulement dans ses nombreux one-liners mémorables, mais dans son invention de ce qui était réellement un nouveau genre — qui a plus ou moins remplacé la fiction littéraire — les mémoires d’une jeune personne dont personne n’avait entendu parler auparavant. C’est un genre que Lizzie a façonné à sa propre image, parce qu’elle a toujours eu besoin d’être à la fois l’auteure et le personnage », a écrit l’écrivain David Samuels, ami d’enfance de la romancière, dans un courriel au New York Times.

Censé porter à l'origine le titre I Hate Myself and I Want to Die, l’ouvrage a été renommé Prozac Nation, sur les conseils de son éditeur, a expliqué l’auteure au site Vice, en 1994. « Au départ, c’était un livre sur Harvard, ça n’avait même rien à voir avec la dépression. Mais tout ce que j’en disais avait à voir avec le fait d’être dépressive, donc ça s’est orienté là-dessus », a-t-elle ajouté.

L’ouvrage a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2001 par le réalisateur norvégien Erik Skjoldbjaerg. L’actrice Christina Ricci y a tenu le rôle principal.

Elizabeth Wurtzel a déjà dit avoir réussi à amoindrir les effets de sa dépression grâce à un traitement médicamenteux. « Je lutterai toujours, d’une manière ou d’une autre, contre la dépression », a-t-elle concédé en 2009, lors d’une entrevue au blogue de l’Université de New York.

L’auteure a également écrit Bitch, publié en 1998, une série d’essais sur des femmes célèbres. Elle a par la suite évoqué sa dépendance à la cocaïne et au Ritalin, de même que ses séjours en cure de désintoxication dans More, Now, Again, en 2002. Elle a par après signé les ouvrages The Secret of Life. Commonsense Advice for Uncommon Women et Creatocraty. How the Constitution Invented Hollywood, respectivement publiés en 2004 et 2015.

Avec l'Agence France-Presse