Nadine Bismuth en tête du palmarès de BAnQ

Huit romans québécois figurent parmi les vingt les plus empruntés cette année à BAnQ.
Photo: Archives Le Devoir Huit romans québécois figurent parmi les vingt les plus empruntés cette année à BAnQ.

En 2019, le livre québécois s’est retrouvé plus souvent qu’à son tour sur les tables de chevet d’ici. La liste des documents empruntés à la Grande Bibliothèque, navire amiral du prêt au Québec, montre en effet qu’on a beaucoup lu nos fictions.

Tour d’horizon en cinq temps forts puisés à même les statistiques dévoilées en cette fin d’année par Bibliothèque et archives nationales du Québec (BAnQ).

Le Québec au sommet

C’est Nadine Bismuth qui occupe le premier rang du côté des romans avec Un lien familial, qui explore les paradoxes, les limites et les ambiguïtés de la vie de famille avec lucidité et sensibilité. Elle détrône ainsi La servante écarlate, de Margaret Atwood, qui caracolait au sommet de l’exercice l’an dernier. Cette dernière reste néanmoins fort populaire, occupant un fort honorable 14e rang des emprunts papier, en plus de conserver sa place au sommet des prêts numériques. En deuxième place, on retrouve Éric Dupont avec sa Route du lilas, un roadtrip féministe et botanique aussi féroce que réjouissant.

Les collégiens lisent… et font lire

Six autres romans québécois figurent parmi les vingt les plus empruntés cette année. On y retrouve une majorité d’auteurs qui, comme Dupont avec sa Fiancée américaine en 2013, se sont frottés au Prix littéraire des collégiens : Jean-Philippe Baril Guérard, chouchou des collégiens avec son Royal, en 2018, occupe le 8e rang avec Manuel de la vie sauvage, suit tout de suite après Ouvrir son coeur d’Alexie Morin, en lice pour le Prix 2020, puis un peu plus loin, au 13e rang, on note la présence de Querelle de Roberval, de Kevin Lambert, préféré des collégiens en 2019, devant notamment Les villes de papier, de Dominique Fortier, qui s’arroge ici le 17e rang.

Doublé Kaur et Réhel en poésie

Sur les dix titres que compte la catégorie Poésie et théâtre, tous sont québécois, sauf deux qui nous viennent de la Canadienne Rupi Kaur. À son classique Lait et miel, qui occupe le 5e rang, s’ajoute son The Sun and her Flowers qui occupe le second rang. Au sommet, un bijou dramaturgique, celui de Christine Beaulieu avec l’indispensable J’aime Hydro. Le troisième rang appartient au magnifique La fatigue des fruits, de Jean-Christophe Réhel, qui figure aussi au 8e rang avec Les volcans sentent la coconut.

On aime (toujours) Astérix et Paul

En bédé, si le premier rang appartient au formidable Arabe du futur de Riad Sattouf, le deuxième au Nombrils de Delaf et Dubuc et le troisième à Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris, on constate que certains classiques persistent dans le coeur des Québécois. On retrouve ainsi deux albums d’Astérix, version Jean-Yves Ferri : Le papyrus de César au 9e rang et Astérix chez les Pictes au 19e. L’inusable et précieux Paul a quant à lui deux fois sa place au palmarès avec Paul dans le Nord et Paul à Québec, aux 12e et 13e rangs. À noter également, la présence réjouissante du très beau et iconoclaste Sabrina, de Nick Drnaso.

Le triomphe de l’auto

On a beaucoup écrit sur la popularité des livres de recettes, et pourtant, c’est encore une fois deux ouvrages consacrés à l’automobile qui accaparent le sommet du palmarès dans la catégorie Documentaires, essais et biographies avec le Guide de la route publié par le ministère des Transports du Québec et Conduire un véhicule de promenade de Michèle Jean. Parmi les quelques faits d’armes à noter, on se réjouit de voir le bouleversant Le lambeau, de Philippe Lançon, figurer à cette liste qui compte aussi Becoming, de Michelle Obama, Une vie sans peur et sans regret, de Denise Bombardier, plusieurs guides pratiques et un seul livre de recettes, soit celui de Marilou, 3 fois par jour.

Petits en série

Chez les enfants, le triomphe des séries est patent. En fait foi le Journal d’un dégonflé de Jeff Kinney, qui occupe les premier et second rangs du côté des romans, dans ses versions française et anglaise. Figurent aussi Les Dragouilles, de Maxim Cyr, les Amos Daragon de Bryan Perro et les Gamer de Pierre-Yves Villeneuve. Sur le front des documentaires, on trouve beaucoup de Minecraft (quatre guides pour sy retrouver !), des blagues, des records, le livre de recettes pour enfants de Ricardo, et l’indispensable Nos héroïnes, d’Anaïs Barbeau-Lavalette. En bédé, Les légendaires et L’agent Jean tiennent le coup, mais ils sont surpassés cette année par Garfield, L’élève Ducobu et Bart Simpson dans le trio de tête.
 

BAnQ en chiffres

2,9 millions de livres imprimés

390 000 livres numériques

2,2 millions de visites dans ses édifices

7,1 millions de visites virtuelles sur son portail

5,8 millions d’emprunts de documents