Spirou. L’espoir malgré tout T. 2

Oui, un chef-d’œuvre. Oui, une bande dessinée essentielle. Même si, de tous bords tous côtés, à travers docus et fictions, expos et commémorations, l’occupation nazie n’a jamais cessé d’occuper et de préoccuper historiens, artistes et… obsédés, on se rapproche ici comme rarement auparavant d’une certaine vérité. Émile Bravo offre à travers L’espoir malgré tout, par le truchement étonnant des personnages de Spirou et Fantasio, un regard d’une extraordinaire justesse, traçant par sa ligne claire des pistes qui balisent patiemment et inexorablement le long chemin vers la conscience, en passant par la naïveté, le déni, la lâcheté, le courage. Nous suivons dans cette deuxième partie (sur quatre) l’inusable tandem dans le quotidien des occupés, jusque dans les villages où ils présentent un petit théâtre plus subversif qu’il n’y paraît, voies minées où collabos et résistants se croisent pour aboutir à d’autres voies, ferrées celles-là, dont on ne revient pas. Mais ça, Spirou l’ignore encore.

★★★★ 1/2

Émile Bravo, Dupuis, Charleroi, 2019, 90 pages

 

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