«D*Face»: oh, c’est haut…

Mauvais élève reconverti au design graphique, Stockton est aussi le produit des sous-cultures du skateboard, du punk rock et du hip-hop.
Photo: Albin Michel Mauvais élève reconverti au design graphique, Stockton est aussi le produit des sous-cultures du skateboard, du punk rock et du hip-hop.

Le Britannique Dean Stockton, alias D*Face, est l’un des artistes de rue les plus en vogue — ce qui se traduit par des murales de 40 mètres de haut, des collaborations avec Christina Aguilera et Blink-182 et près de 230 000 abonnés Instagram.

Mauvais élève reconverti au design graphique, Stockton est aussi le produit des sous-cultures du skateboard, du punk rock et du hip-hop. À cela s’ajoute une influence pop art (Roy Lichtenstein) aussi subtile qu’un comédien en automobile sur une piste cyclable.

Très tôt lié à Shepard Fairey (l’homme derrière les campagnes Obey Giant), D*Face s’est fait un nom grâce à sa pratique renvoyant à la formule de Rocky Balboa : « Mon ring, c’est la rue. » N’empêche que, parfois, on finit par entrer au musée et même s’étendre entre deux couvertures, question de bien « structurer l’histoire de l’art », comme le rappelait la revue Perspective dans un numéro spécial portant sur la monographie d’artiste.

Deuxième ouvrage du genre consacré au créateur londonien, D*Face. La monographie est le fruit d’une collaboration entre les Éditions Albin Michel et la galerie Itinerrance — haut lieu de l’art urbain parisien. Préfacé par Shepard Fairey et offert dans un coffret transparent sérigraphié à l’image de deux murales réalisées en 2018 et en 2019, ce livre bilingue du « roi des stickers » ambitionne de faire découvrir les nouvelles créations de l’homme, tout en montrant les coulisses de celles-ci.

Pari réussi : le bro art de D*Face impressionne par son format, capte l’œil grâce à des références populaires et n’offre comme questionnement que des aspects techniques (comment êtes-vous monté si haut ? aviez-vous le vertige ?).

On ne saurait dire si c’est le commencement d’une sensibilité ou bien la fin d’une autre. Un bel objet qui accompagnera un appartement décoré d’affiches de Pulp Fiction, des Beatles et de Picasso.

 

La monographie

★★ 1/2

Dean Stockton, Albin Michel, Paris, 2019, 240 pages