«Sa majesté des chats»: les félins à la rescousse

Bernard Werber emprunte des structures narratives déjà présentes dans ses cycles précédents en adoptant le point de vue d’une espèce autre qu’humaine.
Joel Saget Agence France-Presse Bernard Werber emprunte des structures narratives déjà présentes dans ses cycles précédents en adoptant le point de vue d’une espèce autre qu’humaine.

Bernard Werber fait partie du club sélect des auteurs qui publient un nouvel opus chaque année à la rentrée littéraire automnale, un peu comme sa collègue à la même maison d’édition, Amélie Nothomb.

Il ne déroge pas à son habitude en proposant un deuxième tome à son cycle « des chats » entamé en 2016, Demain les chats, une dystopie « féline » dans un monde pris dans une guerre mondiale qui cause la perte de l’humanité et le triomphe progressif des rats. 

Dans ce premier volet, écrit en réaction aux attentats qui ont secoué Paris en novembre 2015, quelques chats de la Ville Lumière, dont l’héroïne féline Bastet et son voisin Pythagore, un minet de laboratoire affublé d’un port USB au front qui lui permet de se connecter à Internet, ralliaient des survivants humains et félins de la guerre civile qui a exterminé une large part de la population mondiale, afin de lutter contre une terrible invasion de rats, qui les pousse à se réfugier sur l’île des Cygnes, au milieu de la Seine.

On retrouve donc cette armée pas ordinaire, toujours en combat contre « la peste brune », qui continue de gagner du terrain, et à la recherche d’alliés, humains et animaux, pour endiguer cette invasion.

 

L’impériale Bastet, son copain érudit Pythagore et sa « servante » humaine croisent donc dans leur quête différentes espèces avec lesquelles la chatte, qui se voit en souveraine d’un monde dominé par ses semblables, tente de tisser des liens pour élargir sa coalition improvisée.

Ce roman d’aventures apocalyptique aborde les thèmes chers à l’écrivain et qui reviennent dans presque tous ses ouvrages : la technologie, la mythologie, l’histoire, la philosophie. Il emprunte des structures narratives déjà présentes dans ses cycles précédents (Les fourmis, Les dieux), en adoptant le point de vue d’une espèce autre qu’humaine.

Il ne peut s’empêcher d’inclure des chapitres de son Encyclopédie du savoir relatif et absolu en lien avec les intrigues, d’autant plus qu’apparaît en cours de récit un descendant de son « auteur », Edmond Wells.

Cette nouvelle brique qui s’ajoute à la collection imposante de Werber s’avère fort prenante, avec un récit bien construit, quoiqu’assez prévisible, et une prose qui adopte avec beaucoup de charme le point de vue félin, ce qui permet à l’auteur d’émettre des opinions qu’il garderait probablement pour lui autrement…

Un peu de surprise, pour bousculer ses lecteurs fidèles, aurait été bienvenue ! Par ailleurs, les néophytes amoureux des chats ne seront pas déçus…

Bernard Werber sera au SLM du 21 au 24 novembre.

 

Sa majesté des chats

★★ 1/2

Bernard Werber, Albin Michel, Paris, 2019, 400 pages