Wendy, Walter Scott

« OMG chus bin ortho pkoi », se dit Wendy après avoir bavardé avec Byron, critique pour une revue d’arts, dans l’avion la menant de Montréal à Flojo afin de participer à un programme d’artiste en résidence. Si cette seule réplique vous fait saigner des yeux, pas la peine de plonger dans l’univers férocement branché au langage joyeusement corsé de l’artiste multidisciplinaire de Kahnawake Walter Scott, traduit efficacement par Catherine Brunet, car vous risqueriez d’avoir besoin d’une greffe de cornée. Si le langage texto ne vous rebute pas, vous savourerez sans culpabilité les tribulations professionnelles et sexuelles de Wendy et ses amis (fashionistas, musiciens, baristas), dont les visages se transforment en émojis ou évoquent l’expressionnisme selon le degré d’émotion ressenti — l’un d’eux s’appelle Screamo. Pour comprendre de quoi il en retourne, imaginez une Marjane Satrapi (Persepolis) millénariale qui se mettrait en scène sans pudeur dans le Mile-End d’aujourd’hui. Drôle, cru et lucide.

Wendy

★★★

Walter Scott, traduit de l’anglais par Catherine Brunet, Mécanique générale, Montréal, 2019, 216 pages