Une conversation infinie, Josyane Savigneau et Philippe Sollers

Camarades de combat partageant certains goûts ainsi qu’une féroce détestation du « mensonge social », depuis une vingtaine d’années les deux amis se rencontrent presque tous les jours dans un café parisien pour discuter de tout et de rien, de littérature ou du monde qui ne tourne pas toujours rond. Ils ont voulu cristalliser avec les entretiens d’Une conversation infinie un peu de leur complicité. Josyane Savigneau étant journaliste — elle a dirigé Le Monde des livres de 1991 à 2005 — et Philippe Sollers restant fidèle à lui-même, l’entretien tourne vite à l’interview. Mais qu’à cela ne tienne, puisqu’on y parle librement d’amour, d’amitié entre hommes et femmes, de Dieu, de la vieillesse et de la mort, qui est « la meilleure amie de l’homme ». Sur l’importance démesurée de la sexualité dans l’espace public, Sollers, 82 ans, lance cette formule pied de nez : « Je suis un athée sexuel complet. » Et derrière l’apparente provocation se dissimulent bien des vérités : « Le plus beau des courages est d’être heureux. »

Une conversation infinie

★★★

Josyane Savigneau et Philippe Sollers, Bayard, Paris, 2019, 144 pages