C’est la faute à l’ostensoir, Gilles Jobidon

Alors qu’il ne s’était jamais plié à l’exercice du carnet, Gilles Jobidon l’a fait en 2018 sous l’œil de Robert Lalonde. Romancier exigeant, tête chercheuse, l’écrivain garde sans faille le cap depuis La route des petits matins (VLB, 2003). Dans C’est la faute à l’ostensoir, il jure que l’écriture pour lui n’est pas une île : « C’est le seul continent. » Pour l’écrivain, qui passe désormais six mois à L’Anse-au-Griffon, en Gaspésie, et six à Longueuil, tout en lorgnant de plus en plus vers cette Asie d’où vient son compagnon, on écrit « pour conjurer le sort, appeler l’impossible, combler l’ennui, essayer à nouveau, être ailleurs, rêver. » Avec une amertume teintée de colère douce — en partie justifiée —, l’écrivain qui n’aime pas les demi-mesures dit ses origines en égratignant au passage « le cirque médiatico-humoristico-capitalistico-nihilistico-people-littéraire ambiant ». « J’aime l’ailleurs », confie l’auteur de Combustio, avant de le faire suivre d’un « J’aime » tout court. À la fois une poétique et une déclaration d’amour.

C’est la faute à l’ostensoir. Carnets.

★★★

Gilles Jobidon, Leméac, Montréal, 2019, 104 pages