La librairie Le Parchemin ferme ses portes

Au total, 25 employés perdront leur emploi dans la foulée de cette fermeture.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Au total, 25 employés perdront leur emploi dans la foulée de cette fermeture.

À moins d’un « miracle », qui prendrait la forme d’un investisseur intéressé, la librairie Le Parchemin, installée au métro Berri-UQAM depuis l’ouverture de la station en 1966, ne rouvrira plus ses portes.

« On a tout essayé », a lancé le directeur général de l’établissement, Benoît Thouin, frère du propriétaire, Hubert Thouin. Hubert Thouin a racheté cette librairie, qui vendait aussi des bijoux et des cadeaux, il y a environ sept ans. Or, le commerce est déficitaire depuis six ans. « Mon frère a été tenace pendant toutes ces années. Il y a laissé sa santé », ajoute M. Thouin. Jeudi dernier, la librairie a été obligée de fermer ses portes, après avoir été incapable de payer le loyer dû à la Société de transport de Montréal depuis plusieurs mois.

Autrefois, Le Parchemin comptait également une bijouterie située à la Place des Arts, qui a aussi fermé ses portes il y a deux ans. « On a essayé de restructurer l’entreprise », dit M. Thouin.

Alors que le commerce des cadeaux est demeuré « à flot », ceux de la bijouterie et de la librairie ont chuté, précise M. Thouin.

Ce sont 25 employés qui perdront leur emploi dans la foulée de cette fermeture.

Concurrence d’Amazon

Au premier rang des responsables, M. Thouin mentionne la concurrence d’Amazon, qui « ne paye pas de redevances » et qui n’a pas de frais d’entretien comparables à ceux d’un commerce ayant pignon sur rue. « Les habitudes des consommateurs ont changé, dit-il. Les gens se déplacent moins. »

À la Coopérative des librairies indépendantes du Québec, Jean-Benoît Dumais n’est cependant pas pessimiste au sujet de l’avenir de l‘ensemble des librairies indépendantes du Québec. Le milieu en général semble en effet avoir repris son souffle depuis l’hécatombe des années 2012, 2013 et 2015, qui ont vu des librairies indépendantes fermer en masse. Depuis, rappelle-t-il, il y a eu des cas de reprises familiales et de nouvelles librairies ont ouvert leurs portes.

Selon lui, des sites comme LesLibraires.ca, qui vendent des livres en ligne, et dont Le Parchemin faisait partie, fonctionnent bien. Et les données les plus récentes de la Banque de titres de langue française (BTLF) indiquaient une hausse de 5 % des ventes de livres de papier en librairie.

« Une tendance très forte, c’est de réserver en ligne, et de passer cueillir le livre sur place », dit-il. Les librairies misent aussi sur la qualité du service au client, la médiation culturelle et l’offre de différentes activités pour attirer et retenir leur public.

Benoît Thouin affirme par ailleurs que la librairie Le Parchemin comptait sur une équipe de libraires extraordinaires, mais qu’il arrivait que le client vienne consulter en librairie pour ensuite acheter le livre ailleurs.

Quant au commerce d’Amazon, il fait partie, avec d’autres géants comme Netflix, du vaste débat sur l’équité fiscale. « Mais il y a un discours dans l’opinion à ce sujet qui commence à porter », dit, optimiste, Jean-Benoît Dumais.