«La vie (toujours très) compliquée des deux Olivier»: un Olivier pour les Olivier

<p>Au début de leur périple, les copains bourlingueurs forment d’ailleurs un pacte: profiter de leur voyage sans penser aux choses tristes.</p>
 
Photo: Les Malins

Au début de leur périple, les copains bourlingueurs forment d’ailleurs un pacte: profiter de leur voyage sans penser aux choses tristes.

 

Catherine Girard-Audet n’a pas son pareil pour décrire les situations tordantes serties de dialogues hyperrythmés. Quel plaisir de retrouver Léa Olivier, son héroïne mélodramatique, qui a autant de coeur que de sens de la répartie !

Cette fois, sa pétillante protagoniste déclare vouloir parfaire son anglais (la belle excuse). Puis, en amadouant « les parents » de ses « yeux de labrador meurtri », elle les convainc de la laisser accompagner son grand frère et son meilleur pote à New York. (Ici, Léa se met à chanter « Star, feelings, euh, thegllloooosss», sa version massacrée de l’hymne de Sinatra à la Grosse Pomme.)

Quiconque a déjà pris le bus de minuit à Berri pour arriver aux aurores à la gare de Port Authority reconnaîtra dans les pages de La vie (toujours très) compliquée des deux Olivier les classiques éléments de ce trajet chaotique.

Les passagers qui déballent leurs provisions sitôt le moteur mis en marche. La climatisation tellement crinquée à fond que les voyageurs sentent se former « une couche de frimas au-dessus de leur lèvre supérieure ». L’arrêt obligatoire au « sympathique » terminus (super glauque) d’Albany. Sans oublier l’interrogatoire aux douanes (qui donnera lieu à une scène digne d’une comédie-culte pour ados).

Célébration sentie de l’amitié et des relations entre frères et soeurs, ce roman jeunesse laisse les soucis de coeur, que l’auteure québécoise a souvent abordés, de côté.

Au début de leur périple, les copains bourlingueurs forment d’ailleurs un pacte : profiter de leur voyage sans penser aux choses tristes.

Pari réussi : il n’y a pas de larmes. Ah. Sauf celles, de rire véritable, que nous avons versées en lisant le passage où l’imparable Zack (Joseph Zachary-Ovila de son vrai nom) tombe dans une trappe à fruits. Les pages gondolées de notre exemplaire peuvent en témoigner. C’est tellement nono et bien imagé !

Quand le roman se termine, on se dit que, décidément, ce fut trop rapide. Comme un séjour à New York que l’on souhaiterait prolonger.

La vie (toujours très) compliquée des deux Olivier: New York

★★★ 1/2

Catherine Girard-Audet, Les Malins, Montréal, 2019, 360 pages