«L’albatros et la mésange»: les ailes du désir

Le nouveau roman de Dominique Demers, «L’albatros et la mésange», présente deux adolescents de 17 ans qui, fidèles à ce passage existentiel plus ou moins laborieux, bouillonnent de questionnements sur la vie, la mort, l’amour, les croyances…
Photomontage: Le Devoir / Québec Amérique Le nouveau roman de Dominique Demers, «L’albatros et la mésange», présente deux adolescents de 17 ans qui, fidèles à ce passage existentiel plus ou moins laborieux, bouillonnent de questionnements sur la vie, la mort, l’amour, les croyances…

Mélodie et Jean-Baptiste campent des personnages attachants dans le nouveau roman de Dominique Demers, L’albatros et la mésange. Deux adolescents de 17 ans qui, fidèles à ce passage existentiel plus ou moins laborieux, bouillonnent de questionnements sur la vie, la mort, l’amour, les croyances…

Elle, jeune fille sérieuse dans ses études, à qui les parents, séparés, ont caché un secret qu’elle finira par percer. Lui, obnubilé par un projet sur l’attitude des animaux, qui étouffe au sein d’une famille religieuse à l’envi.

Pétris d’hormones à n’en savoir que faire, ils connaîtront petit à petit les étapes sinueuses d’une attirance mutuelle. Non sans avoir éprouvé, dans le cas de Mélodie, un premier rapport douloureux avec l’amour, ou plutôt ce qu’elle croyait en être.

Quant à Jean-Baptiste, il ne semble même pas envisager qu’une fille puisse se plaire avec une personne aussi mystérieuse que lui. Tout dans sa réalité de jeune homme possède un lien avec la faune, dont plusieurs passages du livre en décrivent d’ailleurs certaines moeurs dans une espèce d’exposé « animaux 101 ». Inévitablement avec son corollaire, la nature.

Surdouance, quand tu nous tiens

Si l’auteure aborde ici plusieurs thèmes classiques de la vie courante, il y en a un, plus rarissime, qui s’impose au lecteur : la surdouance.

Les « zèbres », ces oiseaux rares souvent effacés, voire tourmentés, vivent difficilement leur différence par rapport à « l’autre », surnageant dans un monde non formaté pour eux.

Le style d’écriture de Dominique Demers rend ici la lecture intéressante malgré un dénouement parfois prévisible. La quatrième de couverture annonce « un autre roman qui touche toutes les générations ».

Mais parions que, vu la structure du récit, ce sont surtout les ados, notamment ceux et celles à la recherche d’un « moi », qui s’y retrouveront.

L’albatros et la mésange

★★★

Dominique Demers, Québec Amérique, Montréal, 2019, 395 pages