L’édition 2020 du «Larousse» dévoile ses ajouts de mots nouveaux

Le «Larousse» 2020 comptera 63 500 mots et 20 000 locutions.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le «Larousse» 2020 comptera 63 500 mots et 20 000 locutions.

La langue, c’est l’usage, affirment plusieurs linguistes. Et l’outil quotidien de son bon usage, c’est le dictionnaire. C’est pourquoi l’annonce printanière habituelle de ces mots qui se font nouvellement une place dans les dicos n’est jamais tout à fait anodine. Ainsi, le Larousse annonçant la floraison de son édition 2020 trace dans la foulée les préoccupations de l’ère du temps. Petit portrait de ces néologismes qui déjà s’institutionnalisent en se rangeant parmi les 63 500 mots et 20 000 locutions de l’ouvrage.

Peu de québécismes se font un chemin, sinon « nounoune » — mais pas son pendant masculin « nono »… —, « divulgâcher », et « emportiérage », un mot que Le Petit Robert avait adopté il y a deux éditions déjà. Du côté des noms propres, on honore maintenant l’acteur Yves Jacques et l’écrivain Claude Jasmin. Parmi les personnalités, toutes nations unies, entrent également à ce palmarès le couturier Giorgio Armani, le danseur Steve Paxton, les cinéastes Guillermo del Toro et Terry Gilliam, la soprano russe Anna Netrebko. Ceux-là trouvent place parmi les 28 000 noms propres, de personnes, de lieux ou d’événements.

De manière générale, les enjeux environnementaux se nomment de plus en plus, et de plus en plus précisément. Le Larousse 2020 inscrit ainsi en ses pages le « bioplastique », la « dédiésélisation », le sigle « OVM » (organisme vivant modifié), mais aussi le « digestat », ce processus de méthanisation, et l’expression « zone morte », qui désigne les régions océaniques souffrant d’un manque d’oxygène.

Les préoccupations sociales transparaissent, alors qu’apparaissent les locutions « spécisme » et « antispécisme », « survivialisme », « locavorisme », ainsi que « doxocratie », ce système politique où l’opinion publique occupe une place essentielle dans les prises de décisions, et la « sentience », cette capacité qu’auraient tous les êtres vivants, végétaux ou animaux, à ressentir des émotions, de la douleur, des altérations de son environnement.

S’invitent aussi « cryptomonnaie », « slasheur » ; « genré », « bigorexie » ; « ramen » et « udon » ; « deep learning », « dark web » et « suprémacisme ». Suivant Le Petit Robert avec un ou deux ans de retard, le Larousse adopte à son tour « ubériser », « rendre obsolète un modèle économique existant par l’utilisation des plateformes numériques », et l’expression « charge mentale ».

Les trois nouveaux québécismes du «Larousse» 2020

Nounoune adj. et n.f. : Un peu niais ; nunuche : Poser des questions nounounes. Quelle nounoune, cette actrice !

Emportiérage n.m. : Action de percuter un cycliste en ouvrant sans précaution sa portière d’automobile.

Divulgâcher v.t. (de divulguer et gâcher) : Révéler prématurément un élément clé de l’intrigue d’une oeuvre de fiction : spoiler.