Des vies possibles, Charif Majdalani

Au début du XVIIe siècle, en quittant le Liban pour Rome à l’âge de 13 ans pour aller y étudier la théologie, Raphaël Arbensis (nom latinisé de l’Arabe Roufeyil Harbini) ne peut imaginer ce qui l’attend. Après L’empereur à pied (Seuil, 2017), l’écrivain Charif Majdalani, dont l’oeuvre est habituellement ancrée dans son Liban natal, entraîne son protagoniste, membre de la petite communauté maronite, dans l’atmosphère enfumée de la Contre-Réforme — le système de Copernic a été condamné en 1616. À travers le Grand Siècle, de Constantinople à Paris en passant par les quatre coins de la Méditerranée, la route du héros des Vies possibles viendra croiser celle de Rembrandt, de Nicolas Poussin et de Galilée. Si l’écrivain sait télescoper une existence en quelques chapitres, menant son roman historique au grand galop, il le fait toutefois sans l’éclat des « vies » d’Echenoz et de Michon.

Des vies possibles

★★★

Charif Majdalani, Seuil, Paris, 2019, 186 pages

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