Le 16e Prix littéraire des collégiens attribué à «Ce qu’on respire sur Tatouine»

Jean-Christophe Réhel célèbre son prix au milieu des collégiens.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Jean-Christophe Réhel célèbre son prix au milieu des collégiens.

Vendredi après-midi, au Salon international du livre de Québec, s’est déroulée la remise du 16e Prix littéraire des collégiens. Au terme de la cérémonie, Jean-Christophe Réhel est venu rejoindre sur scène le jury formé d’une soixantaine d’élèves provenant de collèges du Québec, de Chicago et de Marseille.

« Nous avons choisi le livre pour sa complexité, pour sa grande maîtrise littéraire, pour ses segments très imagés, pour ses personnages attachants, pour son côté politique, pour sa beauté du quotidien, pour ses images parfois écoeurantes et pour toutes ses références à la culture populaire », ont expliqué Ariane Fortin et Anthony Lacasse, respectivement représentants des cégeps Saint-Laurent et de Bart, avant d’annoncer à la centaine de personnes réunies le titre gagnant, Ce qu’on respire sur Tatouine (Del Busso).

Durant son discours de remerciement, le lauréat du 16e Prix littéraire des collégiens a félicité les quatre autres écrivains en lice, Lula Carballo (Créatures du hasard, Le Cheval d’août), Dominique Fortier (Les villes de papier, Alto), Karoline Georges (De synthèse, Alto) et Kevin Lambert (Querelle de Roberval, Héliotrope), « un auteur et des autrices formidables et des êtres humains exceptionnels ».

Aussi ému qu’après l’annonce du résultat des délibérations jeudi soir, Jean-Christophe Réhel (Del Busso) a mentionné sa « relation chaotique avec l’école » et le fait qu’il n’avait pas un « parcours scolaire exemplaire » avant de lancer un vibrant mot d’encouragement aux jeunes participants.

« Je n’ai jamais su ce que je voulais faire dans la vie et je ne le sais toujours pas, mais il faut écrire si on a envie d’écrire. Il faut se tromper. Il faut prendre des risques. Il ne faut pas avoir peur. Il ne faut pas tout croire ce qu’on dit sur nous. Il ne faut pas écouter ceux qui nous rabaissent. Il faut trouver des petites joies chaque jour. Restez alertes, passionnés et curieux. Et si vous n’êtes pas heureux, changez, car vous pouvez le faire », a déclaré l’auteur, qui a également touché la bourse de 5000 $ dont est doté le Prix littéraire des collégiens.

Trois heures de débat

Jeudi soir, peu avant 22 h, les cris de joie des membres du jury du Prix littéraire des collégiens ont retenti dans la salle de délibération où, après trois heures d’échanges, Ce qu’on respire sur Tatouine, de Jean-Christophe Réhel, est ressorti gagnant de cette 16e édition. Rappelons que le Prix littéraire des collégiens a permis de faire découvrir 80 oeuvres littéraires québécoises contemporaines aux cégépiens depuis sa création.

« Je ne suis jamais surpris par la qualité et la pertinence des interventions des étudiantes, qui sont majoritaires, et des étudiants, a dit Carl Perreault, enseignant au collège Jean-de-Brébeuf, peu après les délibérations. Cette année, ils se retrouvaient devant cinq oeuvres exigeantes ; je m’attendais à ce que le débat soit très polarisé et fasse place à des échanges un peu acrimonieux. Or, les échanges ont été riches, respectueux, éclairants, et c’est tout à leur honneur. »

Une bonne nouvelle

Pour la première fois de son histoire, un membre du gouvernement du Québec était présent à la remise du Prix littéraire des collégiens. Samuel Poulain, adjoint parlementaire du premier ministre du Québec, représentait le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement et le ministère de la Culture et des Communications du Québec. M. Poulain a profité de l’occasion pour annoncer que le gouvernement versait 45 000 $ en subvention au Prix littéraire des collégiens.