«L’histoire des p’tits gâteaux Vachon, 1923-1999»: pas nés pour un petit pain

Les années 1950 marquent l’âge d’or de la compagnie, devenue une force commerciale et industrielle.
Photo: Septentrion Les années 1950 marquent l’âge d’or de la compagnie, devenue une force commerciale et industrielle.

Chaque gâteau Jos Louis recèle l’histoire de ses créateurs, la famille Vachon. De 1923 à 1999, elle constitua le cœur d’une entreprise qui « a laissé dans l’esprit de nombreux Québécois […] une image de réussite, un modèle à suivre, une source d’inspiration et de fierté », affirme Dave Corriveau dans cette savoureuse histoire de sucre et d’audace, comme le sous-titre l’indique.

Voici donc le récit documenté d’une saga familiale qui débute en 1923. Cette année-là, avec 15 $ en banque, Joseph-Arcade Vachon et son épouse Rose-Anna, née Giroux, achètent une boulangerie à Sainte-Marie de Beauce.

Pour Rose-Anna, véritable femme d’affaires pionnière, et la famille, le succès viendra à force de créativité, de détermination, de contacts et d’organisation efficace du travail.

Vers la fin des années 1920, on propose aux ménagères des petits gâteaux économiques emballés dans du papier cellophane, une première à l’époque. Et une révolution. La famille traverse la crise des années 1930, puis inaugure une nouvelle usine en 1937. Désormais, l’entreprise prépare des pâtisseries à la chaîne, entre autres pour l’armée canadienne durant la Seconde Guerre mondiale.

Les années 1950 marquent l’âge d’or de la compagnie, devenue une force commerciale et industrielle. Aux ½ Lune et autres gâteries s’ajoutent les produits de la filiale Diamant. Puis, ce sont les acquisitions, la syndicalisation, l’envie de vendre.

Soucieux de maintenir l’entreprise au Québec, le Mouvement des caisses Desjardins l’achète en 1970, puis Saputo en 1999, qui la cède à la multinationale mexicaine Grupo Bimbo en 2015. Triste fin.

De sa plume alerte, Dave Corriveau propose un apport convaincant à l’histoire des affaires au Québec, un champ peu exploré. Mais surtout, il démontre avec brio que Vachon inc. fut « la preuve tangible que les Québécois peuvent devenir de grands industriels et qu’ils ne sont pas nécessairement nés pour un petit pain ».

L’auteur sera au SILQ les 10, 12 et 13 avril.

L’histoire des p’tits gâteaux Vachon, 1923-1999

★★★ 1/2

Dave Corriveau, Septentrion, Québec, 2019, 188 pages