FOLK — tome 1, Iris

Risquer de perdre son âme et la vie ? Voilà un bien maigre prix à payer pour qui rêve d’enregistrer dans un légendaire studio et de goûter aux cimes de la gloire (ainsi qu’à la bouche de plusieurs groupies). Jug, expert tire-au-flanc, ne pense pas trop à Robert Johnson quand un fantôme lui propose un pacte qui lui permettrait, sans trop se forcer, de quitter à jamais son bled minable. Satire de la passion pour la paresse chevillant bien des génies de l’ombre au bar du coin, le premier épisode de cette trilogie annoncée passe à travers le prisme facétieux et érudit de l’esthétique du comix underground les codes du western, dont Iris connaît assez les clichés pour finement s’en jouer. Ponctué d’hilarants « intermèdes chantés » posant les assises d’un imaginaire fourmillant de mythes aussi tragiques que burlesques, FOLK rappelle que ce zoo qu’est le monde de la musique serait aussi triste qu’un blues très triste sans son folklore de beaux tout-croches espérant que leur guitare les sauve d’eux-mêmes.

FOLK

★★★ 1/2

Iris, La Pastèque, Montréal, 2018, 104 pages

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