Se brûler les ailes, Diane Fortenberry et Rebecca Morrill

La naissance de Vénus, de Botticcelli, Saturne dévorant un de ses fils, de Goya, Oedipe et le Sphinx, de Moreau, sont des oeuvres auxquelles on pense spontanément en évoquant les plus célèbres mythes grecs et romains. Or, le corpus est colossal et Se brûler les ailes en livre un très bel aperçu. Dans cet ouvrage richement illustré, qui ravira autant les amateurs d’art que les férus de mythologie, les contributeurs analysent succinctement quelque 220 oeuvres d’artistes, célèbres ou anonymes, ayant livré leur interprétation de 25 mythes en 3500 ans d’histoire. En résulte une captivante leçon d’histoire de l’art où les époques se font le miroir les unes des autres, les courants artistiques se vampirisent et les esthétiques s’entrechoquent. Au gré d’une ligne du temps où l’on effectue moult allers- retours, les auteurs — autant d’hommes que de femmes — mettent judicieusement l’accent sur le rôle de la femme à travers les âges, jetant parfois un éclairage troublant sur certaines oeuvres.

Se brûler les ailes

★★★ 1/2

Diane Fortenberry et Rebecca Morrill, traduit de l’anglais par Jeanne Maylin et Emmanuelle Urien, Phaidon, Paris, 2018, 264 pages