Les flâneurs


Odile Tremblay

La manière Lepage

Le petit livre d’entretiens du metteur en scène français Ludovic Fouquet avec le dramaturge québécois Robert Lepage, publié chez Actes Sud, captive par sa plongée dans l’art du créateur de Vinci de mêler les disciplines, les techniques, les époques et les cultures. Au fil de sa trajectoire, on pénètre une approche organique, collective, en mutation perpétuelle, où les technologies de pointe se mêlent à des machines à illusions plus archaïques, explorations numériques et ombres chinoises. Tout entre en communication : l’opéra, le kabuki, le cinéma, le théâtre pour parler la langue Lepage, avec au-dessus un élément mystérieux, d’où parfois jaillit l’état de grâce.

 


Philippe Papineau

Métier: astronaute
Le Québécois David Saint-Jacques en fait rêver plus d’un avec son périple spatial. Mais pensez-vous avoir l’étoffe d’un astronaute ? Pour comprendre ce que le métier exige, la lecture de la bédé reportage Dans la combi de Thomas Pesquet est un incontournable. Marion Montaigne illustre et raconte avec beaucoup de détails et énormément d’humour l’aventure récente de cet astronaute français qui a passé six mois dans la Station spatiale internationale. Un vrai bon divertissement d’où on sort érudit… et convaincu qu’on n’est pas près de quitter la Terre.


Louise-Maude Rioux Soucy

Dans la couveuse de Jean-Michel Blais

Pendant sept ans, le pianiste Jean-Michel Blais a brodé ses pièces dans le ventre d’un appartement montréalais, duquel il a été évincé. De ses adieux à ce lieu chargé de mélodies et de songes, il a tiré un dernier concert devenu mini-album. Empreint d’une infinie douceur, Eviction Sessions défile à fleur de touches, entre deux souffles : le sien mêlé à celui de ceux qui ont été conviés à cet intime au revoir. Le bruit des touches et des cordes, les mots chuchotés des amis, les craquements du plancher ; tout nous ramène dans la beauté de ces instants volés comme si nous étions nous aussi dans la très enveloppante couveuse de Jean-Michel Blais.

 


Catherine Lalonde

Des cases en noir et blanc

En chinant à Expozine, on a découvert l’encore toute jeune maison québécoise de bande dessinée La logique du calendrier, qui fait dans le noir et blanc. Un peu au hasard, on y a pris le maîtrisé Il est l’heure d’aller nourrir les poules, de Noriko, sur les affres de la répétition assommante du quotidien d’une jeune designer graphique, qui se rêve simplement ailleurs. Moins contrôlé, plus brut, laissant sourdre par pics plus d’émotions, L’arbre à l’envers, d’Aude Fourest, a autrement mais tout autant charmé. Elle y parle d’enfance, d’apprentissage du plaisir, des tabous, de la religion et du deuil. On suivra les prochaines publications.