Margaret Atwood écrit une suite à «La servante écarlate»

Le costume rouge porté par les femmes de la République de Gilead, qui rappelle les tenues de nonnes, s’est imposé comme un cri de ralliement aux États-Unis, en Argentine, en Irlande, en Belgique ou en Pologne.
Photo: Bravo - Hulu Le costume rouge porté par les femmes de la République de Gilead, qui rappelle les tenues de nonnes, s’est imposé comme un cri de ralliement aux États-Unis, en Argentine, en Irlande, en Belgique ou en Pologne.

La servante écarlate, dystopie sur une Amérique cauchemardesque transformée en théocratie après un coup d’État, connaîtra une suite en septembre prochain, intitulée Les testaments, dont l’action se déroulera 15 ans après la fin du roman à succès adapté à la télévision, a annoncé mercredi son auteure, la romancière canadienne Margaret Atwood.

« J’écris une suite à La servante écarlate. Les testaments se déroule 15 ans après la dernière scène d’Offred et est racontée par trois personnages féminins », a tweeté Mme Atwood. Ce nouveau livre sera publié le 10 septembre 2019.

La Canadienne de 79 ans a accompagné sa publication d’un court message vidéo notant que « tout ce que vous m’avez demandé sur Gilead et son fonctionnement interne sert d’inspiration à ce livre. En fait, presque tout ! L’inspiration supplémentaire est le monde dans lequel on vit. »

Photo: Evan Agostini Associated Press Margaret Atwood

La servante écarlate (The Handmaid’s Tale) est un roman dystopique sorti en 1985 qui a vu son impact décuplé par son adaptation à la télévision, sous la forme d’une série dont la diffusion a commencé en avril 2017 sur la plateforme américaine Hulu. Au Québec, la version française de la série est disponible sur Club illico, un service de Vidéotron.

L’intrigue se déroule dans un futur très proche où les États-Unis ont été renversés par une dictature religieuse, la République de Gilead, à une époque où, pour des raisons environnementales floues, les humains ont vu leur fertilité s’effondrer.

Les rares femmes encore capables de procréer, telle l’héroïne Offred, incarnée à l’écran par Elisabeth Moss, ont été transformées en esclaves sexuelles au service des dirigeants de Gilead, qui les violent au cours de cérémonies religieuses mensuelles.

Très vite, ce récit apocalyptique reléguant la gent féminine en objet s’est imposé pour les anti-Trump, mais aussi dans la foulée du mouvement #MeToo, comme une parabole de la dérive conservatrice américaine et des agressions sexuelles subies par les femmes.

« Quand Donald Trump a été élu président en novembre 2016, La servante écarlate est devenue le symbole du mouvement contre lui, incarnant l’émancipation féminine et la résistance quant à la misogynie et au recul des droits des femmes », a fait valoir l’éditeur canadien de Mme Atwood, la société McClelland Stewart, filiale de la maison d’édition américaine Penguin Random House.

Les testaments se déroule 15 ans après la dernière scène d’Offred et est racontée par trois personnages féminins

Le costume rouge porté par les femmes de la République de Gilead, qui rappelle les tenues de nonnes, s’est notamment imposé comme un cri de ralliement : omniprésent aux États-Unis pendant la bataille contre la confirmation à la Cour suprême du juge Brett Kavanaugh, accusé de tentative de viol quand il était lycéen, il est réapparu lors de manifestations pour les droits des femmes et le droit à l’avortement, ou ces derniers mois en Argentine, en Irlande, en Belgique ou en Pologne.

Plus de huit millions d’exemplaires de La servante écarlate ont été vendus en anglais dans le monde depuis 1985, selon un communiqué de la maison d’édition.

En deux saisons, la série télévisée a remporté six prix aux Emmy Awards, équivalents des Oscar pour la télévision américaine, pour 18 nominations. Et une troisième saison est en cours de production.

L’éditeur de Mme Atwood souligne que le livre Les testaments « n’est pas lié » à l’adaptation télévisuelle de La servante écarlate, qui, dans la deuxième saison, s’est écartée de l’oeuvre originale.