Essai - Vivement le divorce !

Non, écrit le grand romancier israélien Amos Oz, le conflit israélo-palestinien n'est pas un western, une lutte entre le bien et le mal. Il s'agit plutôt, selon lui, d'une «tragédie au sens ancien», qui oppose deux victimes et «deux causes aussi justes l'une que l'autre». Les Palestiniens, en Palestine, sont chez eux. Israël est la patrie des juifs israéliens. Les premiers, pourtant, sont opprimés au quotidien et les seconds, terrorisés en permanence.

Que faire? Il faut divorcer, répond Oz. Il faut oublier l'amour et choisir la justice et la paix. Ce sera, écrit-il, un douloureux compromis de part et d'autre, mais il n'y a rien d'autre à faire. «Les deux peuples, écrit d'ailleurs le romancier, savent maintenant que l'autre existe, et la plupart des gens des deux côtés savent que l'autre ne partira pas.»

Aussi, l'heure est venue de la «reconnaissance État pour État, indépendance pour indépendance, sécurité pour sécurité» en revenant aux frontières d'avant 1967 et en réglant la question des réfugiés palestiniens. Il faut qu'Israël et le leadership palestinien assument leur responsabilité partagée dans ce problème et aident «à reloger les réfugiés dans la Palestine à venir, à savoir en Cisjordanie et à Gaza,

ou ailleurs».

Livre de la douleur et de l'espoir, Aidez-nous à divorcer!, malgré sa brièveté, est un des exposés les plus brillants et les plus sensibles qu'il m'ait été donné de lire sur cet interminable conflit. Tous les acteurs concernés par ce drame, et ceux qui le commentent à tort et à travers en cherchant des coupables, devraient le méditer. Ce romancier, qui a participé aux accords de Genève, est un sage. Souhaitons qu'il soit entendu.