Essais - Un portrait d'Arafat

Au regard de l'histoire, Yasser Arafat restera le symbole de la cause palestinienne. Pour s'en convaincre, il suffit de lire la longue biographie que le journaliste Amnon Kapeliouk vient de consacrer à celui qu'il surnomme «l'irréductible». Préfacée par Nelson Mandela, cet ouvrage a ceci d'intéressant qu'il s'attarde aux années de formation, à sa jeunesse, à sa prise en charge, si l'on peut dire, du fait palestinien.

À l'image de sa date et de son lieu de naissance, Yasser Arafat est un personnage très controversé. Est-il un héros ou un terroriste? A-t-il la trempe d'un homme d'État ou est-il un homme obsédé par une chose et une seule, soit conserver le pouvoir, tous les pouvoirs, par-devers soi? À ces questions, Kapeliouk n'apporte pas de réponses précises.

Cela découle probablement de la complexité du personnage, voire de ses contradictions. Il est religieux, très religieux, mais pendant des lunes et des lunes, il a tout fait pour écarter les militants de Dieu du pré carré que lui et ses fidèles compagnons ont formé en 1959. Cette année-là, Arafat fonda le Fatah, qu'il dirige encore et toujours.

Pour confectionner ce portrait de plus de 500 pages, Kapeliouk a multiplié les entretiens avec les proches d'Arafat, des leaders du monde arabe ainsi qu'avec un nombre imposant d'Israéliens, des politiciens comme des militaires qui ont cherché à plus d'une reprise à le liquider. De cela, de cette volonté de l'éliminer, découle le surnom d'irréductible qu'on lui a accolé.

De ce livre on retient, entre autres choses, le fait suivant: les mille et une tentatives amorcées afin de ramener la paix en Terre sainte se sont toutes conclues dans l'échec. Et il y a fort à parier que ce n'est pas demain qu'Arafat réalisera son rêve, soit remplacer son uniforme militaire par un costume civil.