«Les quiquoi et le chien moche dont personne ne veut»: chaque torchon trouve sa guenille

Dans ce cinquième titre tout juste paru dans la série «Les quiquoi», Laurent Rivelaygue et Olivier Tallec offrent un album tout aussi rafraîchissant, espiègle et truculent que les précédents.
Photo: Actes Sud junior Dans ce cinquième titre tout juste paru dans la série «Les quiquoi», Laurent Rivelaygue et Olivier Tallec offrent un album tout aussi rafraîchissant, espiègle et truculent que les précédents.

Pétole, enfant téméraire et entreprenante, aimerait avoir un animal de compagnie pour combler ses heures d’ennui. Malheureusement, ses parents s’y opposent. Qu’à cela ne tienne, elle a des ami(e)s merveilleux, dont Pamela, qui propose de lui en dessiner un. « J’aimerais bien une biche ou un tamanoir », lance-t-elle, ce à quoi rétorque Pamela : « Désolée, je sais faire que des chiens. »

Aussitôt dit, aussitôt fait, le chien de la fillette prend forme. Mais de quelle forme s’agit-il exactement ? ! La joyeuse bande d’amis qui compose cette histoire commente l’oeuvre et décide d’un commun accord de s’en débarrasser parce qu’il est « incroyablement laid ».

Mais les remords s’en prennent littéralement à eux jusqu’à ce qu’ils fassent preuve de bonne volonté et — coup de chance — qu’un preux chevalier se prenne instantanément d’amitié pour ce chien qui a plutôt des airs de cheval.

Dans ce cinquième titre tout juste paru dans la série « Les quiquoi », Laurent Rivelaygue et Olivier Tallec offrent un album tout aussi rafraîchissant, espiègle et truculent que les précédents. La spontanéité du ton, franc et candide, qu’emprunte Rivelaygue laisse place à des réparties savoureuses et à des réflexions d’une logique implacable tenues par les six attachants et singuliers personnages.

Tallec épouse quant à lui avec sensibilité et humour fin le propos des petits êtres qui s’agitent autour de ce chien-cheval au nez trop long et aux pattes beaucoup trop courtes. Jouant avec les plans, l’illustrateur dirige notre regard du côté de l’action, nous donne à voir ce que les protagonistes observent, pointent ou appréhendent.

Un effet qui dynamise la lecture pendant laquelle héros et lecteur semblent participer d’une même histoire, unis dans cet univers haut en couleur. Voilà une série incontournable et heureuse qui fait honneur à l’enfance, à son authenticité et à son intelligence.

Extrait de «Les quiquoi et le chien moche dont personne ne veut»

« – Qu’est–ce que c’est que cette horreur ? Un cheval ? ! – C’est le chien de Pétole – Ah non ! J’en veux pas. Il est trop moche ! – Je vais lui rallonger les pattes. Le pauvre, il touche même pas terre – Merci, j’ai tellement envie de courir ! – Oh il parle ! – Il faudrait lui donner un nom. – On a qu’à l’appeler Mochou. – Il court bizarrement Mochou, non ? – À mon avis, c’est parce qu’il a que trois pattes. Il va se prendre un arbre… Ma mère dit que c’est la beauté intérieure qui compte. – Elle dit ça ta mère parce que t’es moche. – Et voilà ! Il s’est pris l’arbre ! – Je suis content que ce soit pas mon chien. – Moi j’en veux pas. – Désolé Pétole, mais c’est le tien. – On va pas pouvoir le donner. – Personne voudra d’un chien aussi moche. »

Les quiquoi et le chien moche dont personne ne veut

★★★★

Laurent Rivelaygue et Olivier Tallec, Actes Sud junior, Paris, 2018, 28 pages