Les flâneurs


Odile Tremblay

Se divertir ou s’abrutir ?

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’essai de Sébastien Ste-Croix Dubé La culture du divertissement, art populaire ou vortex cérébral ?, publié chez Varia. L’auteur détient une maîtrise en littérature en plus d’être gérant du bistro Vices & Versa dans la Petite-Italie, riche terreau d’observation montréalais. Son livre se penche sur l’impact majeur de la culture du divertissement dans la vie de tout un chacun (11 heures par jour de consommation sur médias électroniques par Nord-Américain). Sans diaboliser cette omniprésence, il sert plusieurs mises en garde de surconsommation en dénonçant chez l’humain contemporain « son insatiable besoin de fuir sa réalité, de s’abandonner au plaisir facile, et ce, quel qu’en soit le prix ».

 


Caroline Montpetit

Images d'histoire

On parle beaucoup de romans graphiques, mais peu de documentaires graphiques, et encore moins de livres d’histoire graphiques. C’est pourtant ce que livre l’historien Gilles Laporte, avec son Infographies.québec. Le Québec et son histoire en un coup d’œ​il, qui paraît chez Septentrion. À travers 69 graphiques en tous genres, on traverse l’histoire, de la mer de Champlain au Montréal allophone, en passant par les rébellions patriotes et le French Power à Ottawa, les coupes Stanley du hockey, la crise du Front de libération du Québec et le système scolaire. À feuilleter à son rythme, pour connaître qui l’on est.

 


Catherine Lalonde

Berceuse postapocalyptique
Un roman postapocalyptique, livré en 192 courts fragments — quatre, cinq lignes — poétiques ? C’est ce que signe le Belge Antoine Wauters dans Moi, Marthe et les autres, aux belles Éditions Verdier. Marthe, c’est celle qui fait encore des enfants, avec Hardy le narrateur comme avec tous, et qui s’en occupe, dans cette Paris plus que ravagée, où le langage s’effrite, où les souvenirs de notre société, deux ou trois générations plus tard, se tordent et se travestissent. « Vivre comme nous, […] c’est marcher au milieu de rues recrues de chiendent, de chardons, de broussailles. C’est sourire sans comprendre pourquoi. C’est beaucoup pleurer », lit-on au fragment 25 de cette cruelle berceuse, qui serait complètement désespérée si elle n’était si bellement livrée.


Amélie Gaudreau

Comme dans un film de John Hughes
La comédie romantique « jeunesse » Sierra Burgess est une perdante produite par Netflix s’avère un très bon succédané aux longs métrages du défunt roi du genre dans les années 1980, John Hughes. Cette relecture de Cyrano de Bergerac à l’ère du téléphone intelligent, qui n’évite pas les poncifs du genre, offre une belle partition à Shanon Purser, la Barb de Stranger Things, en jeune fille douée en dialogues courtois avec un footballeur subjugué qui croit avoir affaire à la reine de beauté de l’école. Du bonbon, à partager avec de jeunes gens en fleur…