À hauteur d’enfant

<p>L'auteure Stéphanie Boulay</p>
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir

L'auteure Stéphanie Boulay

« Mon petit frère venait tout juste d’avoir quatre ans et il pleurait. C’est ce qu’il faisait toujours […] il pleurait même en mangeant […] même quand il faisait beau soleil et que tout le monde était content en se disant bonjour. » Devant tant de peine, Régine Bibeau, du haut de son rôle de grande sœur, invente mille et un trucs pour sécher son petit frère et, par le fait même, aider son papa qui « restait des heures à tenir [sa tête] dans ses mains et à ne rien dire ».


C’est avec une infinie douceur que Stéphanie Boulay — du duo de sœurs bien connu — explore l’éternelle question de l’identité, celle d’être soi, au risque de se faire pointer du doigt par le troupeau. Dans un style naïf et une écriture rythmée, elle se pose à hauteur d’enfant et parvient à exprimer avec justesse la difficulté qu’ont parfois les petits à nommer ce qui les turlupine. Avec ses aquarelles aériennes tout en courbes et en couleurs, Agathe Bray-Bourret offre pour sa part des personnages qui sont tout sauf conventionnels et appuie ainsi avec finesse le thème de la différence.

Anatole qui ne séchait jamais

★★★★

Stéphanie Boulay et Agathe Bray-Bourret, Fonfon, Montréal, 80 pages