Le cow-boy de Louiseville

L'auteur Patrice Lessard
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L'auteur Patrice Lessard

Après avoir exploré le centre-ville peu accueillant de Louiseville en jonglant astucieusement avec les codes du thriller hitchcockien dans Cinéma Royal (Héliotrope Noir, 2017), Patrice Lessard emprunte cette fois, avec la même aisance, à l’univers des westerns. Dans la peau du cow-boy, on retrouve Patrick Tardif, également narrateur.


« Je fis l’erreur, en somme, de faire confiance aux mauvaises personnes », annonce-t-il d’entrée de jeu dans ce fulgurant récit raconté en flash-back où le passé simple et le subjonctif imparfait de la narration se fondent étonnamment au joual décomplexé et au français massacré des dialogues. Cesdites mauvaises personnes, qui font aussi office d’Indiens, ce sont le rancunier Dave et la fatale Blanche, qui convainquent Patrick de cambrioler le bar Le Flamingo. Or, dans cette glauque Mauricie où le cow-boy solitaire tente de faire profil bas, plane l’ombre menaçante de vicieux malfrats, de mafieux italiens et de Hells Angels. En résulte un roman sombre dans l’esprit du western crépusculaire.

La danse de l’ours

★★★

Patrice Lessard, Héliotrope Noir, Montréal, 2018, 173 pages