«Apprendre la musique»: Bénéfique musique

La pratique régulière et intense d’un instrument non seulement refaçonne l’anatomie de certaines régions du cerveau, mais aussi raffine l’activité électrique des neurones de ces régions, ont prouvé plusieurs études.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La pratique régulière et intense d’un instrument non seulement refaçonne l’anatomie de certaines régions du cerveau, mais aussi raffine l’activité électrique des neurones de ces régions, ont prouvé plusieurs études.

Dans un petit opus très documenté et bien vulgarisé, la neuropsychologue de la musique Isabelle Peretz passe en revue tous les bienfaits prouvés de l’apprentissage de la musique. Toutes ses assertions sont fondées sur des recherches scientifiques ayant fait l’objet de publications, et dont plusieurs ont été réalisées à Montréal, notamment au Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS) qu’elle a fondé et qu’elle dirige depuis 2005.

Isabelle Peretz plonge dans le vif de son propos en soulignant d’abord que « tous les êtres humains naissent musiciens », comme le prouve notamment le fait que le cortex auditif de très jeunes bébés réagit déjà fortement à des violations de l’harmonie et que la grande majorité des gens (95 %) « peut atteindre un niveau professionnel si elle y investit suffisamment d’heures de pratique ».
 

Mme Peretz relate des études mettant en évidence les multiples bénéfices à tirer de l’apprentissage de la musique. L’une d’elles indique que les enfants qui apprennent un instrument entre 4 et 8 ans voient leur QI augmenter. Une autre que les élèves du secondaire qui participent à un orchestre à vent, une chorale ou un ensemble à cordes réussissent mieux dans des matières telles que les mathématiques et la biologie. Une troisième montrant que faire de la musique en groupe, comme chanter dans une chorale, rend plus altruiste.

La pratique régulière et intense d’un instrument non seulement refaçonne l’anatomie de certaines régions du cerveau, mais aussi raffine l’activité électrique des neurones de ces régions, ont prouvé plusieurs études.

Mme Peretz démonte au passage certains mythes. Elle affirme notamment qu’il est tout à fait possible d’apprendre la musique à plus de 70 ans et que cet apprentissage tardif freinerait le déclin cognitif et compenserait les pertes d’ouïe.

Finalement, Mme Peretz déplore que l’enseignement de la musique ne soit pas obligatoire au Québec — alors qu’elle l’est notamment en France et en Suisse, et que, par conséquent, de nombreux élèves québécois n’ont jamais suivi de cours de musique dans leur parcours scolaire.

Apprendre la musique Nouvelles des neurosciences

★★★

Isabelle Peretz, Éditions Odile Jacob, Paris, 2018, 158 pages