«Quatre Mélanie et demie», Justin Laramée


En 2009, Justin Laramée avait relié quelques contes urbains de son cru pour en faire un spectacle intitulé 4 fois Mélanie 1/2. Ces jours-ci, le dramaturge donne un premier roman élaboré à partir de la même matière première. Publié dans « La Shop », une collection que les Éditions Québec Amérique réservent aux « romans subversifs, sans censure et sans complexe, qui cherchent à susciter le trouble chez leur lecteur », Quatre Mélanie et demie est porté par une langue imagée et un humour cinglant, une prose aussi crue que cruelle sans être dépourvue de tendresse. Entre les quatre destins, l’auteur a tendu, plus ou moins adroitement, un fil ténu menant à un coup de théâtre. Consacré à Mélanie Bissonnette, le premier chapitre est de loin le plus dense, le plus nuancé. À vrai dire, on se désole que le roman n’ait pas été entièrement offert à cette adolescente qui s’éveille dans un même élan et non sans heurts à la mort et à l’amour, au deuil et au désir.

Quatre Mélanie et demie

★★★

Justin Laramée, Québec Amérique, « La Shop », Montréal, 2018, 136 pages