Des candidates au secours des bibliothèques scolaires

La ministre libérale de la Culture et des Communications, Marie Montpetit, candidate dans la circonscription de Maurice-Richard, a ouvert le bal de la discussion en présentant le programme de son parti. Elle a bien sûr vanté les réalisations de celui-ci durant ses années au pouvoir.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La ministre libérale de la Culture et des Communications, Marie Montpetit, candidate dans la circonscription de Maurice-Richard, a ouvert le bal de la discussion en présentant le programme de son parti. Elle a bien sûr vanté les réalisations de celui-ci durant ses années au pouvoir.

Le statut de l’artiste, l’avenir des bibliothèques scolaires et des bibliothèques municipales, la détaxe des livres numériques et la pérennité des librairies indépendantes sont autant de questions qui ont fait surface lundi à Montréal alors que des candidates des quatre partis répondaient aux questions des acteurs du monde du livre québécois.

C’est la ministre libérale de la Culture et des Communications, Marie Montpetit, candidate dans la circonscription de Maurice-Richard, qui a ouvert le bal de la discussion en présentant le programme de son parti et en répondant aux questions des intervenants. Elle a bien sûr vanté les réalisations de son parti durant ses années au pouvoir, sa politique culturelle, et mis en avant sa volonté de soutenir les activités de promotion des librairies indépendantes. Elle a également parlé d’un fonds qui viserait à aplanir les disparités régionales qui désavantagent les librairies établies loin des grands centres urbains. Mme Montpetit a cependant aussi fait valoir que le monde des librairies indépendantes vivait présentement « une histoire à succès » et que les ventes de livres affichaient des bilans positifs.

Aller plus loin

De son côté, Manon Gauthier, candidate de la CAQ dans la même circonscription que Marie Montpetit, a reconnu que la politique culturelle présentée par le gouvernement libéral en juin « faisait consensus », mais a dit vouloir « aller plus loin ». Mme Gauthier, qui a été écartée de la direction générale de Bibliothèque et Archives nationales à l’arrivée de Mme Montpetit au ministère, s’est par ailleurs demandé s’il serait pertinent d’adopter une nouvelle « loi sur les bibliothèques », qui remplacerait celle qui date de 1959.

La CAQ propose par ailleurs d’investir cinq millions de dollars par année dans les bibliothèques scolaires du Québec, ce qui reviendrait, dit-elle, à 20 $ par étudiant. Elle n’a pas pu préciser si cet argent irait autant aux bibliothèques des écoles publiques qu’à celles des écoles privées. Mme Gauthier a parlé du rattrapage nécessaire en matière de financement de ces bibliothèques, et a relevé que le Québec avait « cent ans de retard » sur le reste de l’Amérique en matière de valorisation du livre et de la lecture. Elle a aussi évoqué la nécessité de moderniser la loi 51 du livre.

Bibliothèque à la maison

De son côté, la jeune députée et candidate du Parti québécois dans Marie-Victorin, Catherine Fournier a réitéré la promesse, advenant l’élection du PQ, d’acheter un livre neuf par étudiant par année, pour favoriser la formation de bibliothèques à la maison. Le Parti québécois propose également la création d’un passeport culturel, d’une valeur de 50 $, qui serait remis aux étudiants de 3e, 4e et 5e secondaire, pour leur permettre d’avoir accès à des biens culturels québécois.

La députée a précisé que ce passeport pourrait être utilisé dans les librairies indépendantes du Québec, mais non dans une chaîne comme Renaud-Bray. Elle a aussi dit qu’il était tout à fait possible qu’il soit utilisé pour acquérir un produit culturel québécois anglophone, mais pas d’un artiste américain qui se produirait par exemple au Centre Bell.

Par ailleurs, la députée a relevé que son parti entendait proposer des stages d’immersion entre les cégeps francophones et anglophones, pour les étudiants qui en feraient la demande. Mme Fournier a laissé entendre que ce pourrait être une façon de freiner la migration d’étudiants vers les cégeps anglophones, dans le but de maîtriser l’anglais.

Des artistes au CA

Enfin, la candidate de Québec solidaire dans Anjou–Louis-Riel, Marie-Josée Forget, a mis l’accent sur les conditions de vie difficiles des artistes. Elle a d’ailleurs dit que les artistes feraient partie du conseil d’administration du Fonds de culture du Québec que son parti veut créer.

Québec solidaire souhaite bonifier la politique culturelle présentée par le PLQ en ajoutant six millions de dollars en aide à la création. Interrogée par un représentant des libraires quant à la hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure, souhaitée par QS, alors que les libraires en gagnent 13 $, la candidate a fait valoir la création d’un fonds de 60 millions de dollars, qui soutiendrait les PME, donc les libraires indépendants, dans le cadre de cette transition.

Enfin, la candidate a fait une sortie pour l’indépendance du Québec comme meilleur moyen de garder le contrôle sur le financement de la culture et sur son épanouissement.

Les quatre candidates se sont prononcées pour une réforme rapide de la Loi sur le statut de l’artiste.