Cinq bédés pour une rentrée

Dans «La petite Russie», Francis Desharnais retrace l’histoire d’un petit village.
Photo: Pow Pow Dans «La petite Russie», Francis Desharnais retrace l’histoire d’un petit village.

La petite Russie, Francis Desharnais. Derrière la colonisation de l’Abitibi, il y a eu des hommes et des femmes. Le bédéiste part à leur rencontre ici en retraçant l’histoire du petit village de Guyenne. Un petit village pas comme les autres en forme de coopérative et qui a valu au lieu le surnom de Petite Russie. Le récit s’accroche aux souvenirs des grands-parents de l’auteur, qui s’est fait connaître dans le passé avec les séries Burquette et Motel Galactic, et qui ont occupé ce territoire singulier entre 1948 et 1968. (Pow Pow, le 2 octobre).

13e Avenue. Tome 1, François Vigneault et Geneviève Pettersen. Cette avenue à numéro, c’est dans le quartier Rosemont à Montréal qu’elle se trouve. C’est là que va atterrir Alexis, déraciné de son Saguenay natal par sa mère, pour faire face à Montréal à l’implacable logique de transplantation. Il va y être question de déménagement, de solitude, d’imagination, mais surtout, finalement, d’amitié, celle qui va se tisser en le préadolescent et Ernest, le voisin d’en haut, un garçon timide, aux capacités d’observation exemplaires. (La Pastèque, en octobre)

Photo: La Pastèque «13e Avenue»

Astérix et nous. Un Gaulois chez les Québécois, Tristan Demers. Depuis 1959, il se passe quelque chose d’intense et de symbiotique entre l’univers d’Astérix et les lecteurs québécois. Normal, raconte le bédéiste et spécialiste de la bande dessinée, puisqu’il y a un peu de nous dans cette histoire de petit village gaulois qui résiste, seul, contre l’envahisseur romain. Pour en témoigner, l’homme passe au crible, dans ce livre documentaire, tous les aspects de l’œuvre de Goscinny et Uderzo, politique, historique, culturel, publicitaire, et vient éclairer autrement une histoire d’amour entre un peuple et une œuvre dessinée. (Hurtubise, le 7 novembre)

Arale, Tristan Roulot et Denis Rodier. Entre uchronie et fantastique, le duo de bédéistes entre ici dans la Révolution russe d’octobre 1917 en imaginant une autre trajectoire à l’événement historique : les bolcheviques n’ont pas gagné. Lénine a été pendu par le tsar, un être devenu éternel avec la complicité du diabolique Raspoutine et une étrange machine capable de transférer un esprit vivant dans un corps inerte. Forcément une œuvre audacieuse, soutenue par le coup de crayon fort de Rodier, un habitué des superhéros. (Dargaud, en librairie)

Photo: Dargaud «Arale»

Les voleurs de beauté, d’après l’œuvre de Pascal Bruckner, Philippe Thirault, Manuel Garcia. L’univers de la fiction et du roman rencontre parfois agréablement celui de la bande dessinée. C’est ce qui a toutes les chances d’arriver cet automne avec cette adaptation d’un roman de Bruckner, lauréat du prix Renaudot en 1997, qui exploite avec brio les thèmes de la jeunesse, du sexe et de la beauté dans une actualité toujours forcément brûlante. Dans une tempête de neige, un couple trouve refuge dans un étrange chalet où la bienveillance de l’avocat qui occupe les lieux avec sa femme et un homme à tout faire devient rapidement suspecte. (Glénat, le 24 octobre)