«Anick et la forêt magique»: solidarité entre les générations

L’écriture rythmée de l’auteur s’allie à une signature visuelle très attirante.
Image: Éditions FouLire L’écriture rythmée de l’auteur s’allie à une signature visuelle très attirante.

Anick file chez sa mamie Charlotte. « Le nez collé sur la vitre, je vois défiler des vaches, des chevaux, des chèvres et même voler des papillons dans les buissons. » À son arrivée, la grand-mère a toutefois l’air peinée et démunie. « Ses yeux ne sourient pas comme d’habitude », évoque la petite. Une grosse entreprise a acheté la terre du voisin, là où elle faisait pousser ses champignons. Disparu, alors, son jardin et tout ce qui s’y trouvait.

Sans perdre un instant, la fillette entreprend d’aller cueillir des spécimens dans les bois. Aidée par un loup mystérieux, elle reviendra à la maison chargée de ces petits végétaux dont raffole sa mamie Pleurote, surnommée ainsi d’ailleurs affectueusement en l’honneur de ceux qu’elle préfère. Dans ce onzième titre à paraître dans la collection « Mini Ketto », Yvon Brochu évoque avec douceur et un brin de magie le thème de la relation intergénérationnelle, le tout sur un décor de campagne de plus en plus grugé par l’urbanisation.

L’écriture rythmée de l’auteur du célèbre Galoche — alternant entre courts dialogues et narration brève — s’allie à une signature visuelle très attirante. Illustré par Julie St-Onge Drouin, Anick et la forêt magique déploie un univers coloré. Légèreté du trait, rondeur des personnages, décor parsemé de coeurs et d’étoiles venant ajouter à l’ambiance, le graphisme joue pour beaucoup dans l’effet chaleureux — quoique un peu idéalisé — que procure l’ensemble.

Toute la collection est d’ailleurs illustrée par Julie, qui s’allie parfois le talent de son conjoint, Philippe Arseneau Bussières, mieux connu sous le nom de Fil. Petit roman léger qui laisse néanmoins subtilement planer cette menace de destruction de la nature.

Anick et la forêt magique

★★★

Yvon Brochu et Julie St-Onge Drouin, FouLire, « Mini Ketto », 2018, 48 pages