Deux économistes à contre-courant, Michèle Rioux et Hughes Brisson

Il ne faut jamais se fier aux… différences. À première vue, rien ne semble rapprocher les économistes canadiennes Sylvia Ostry et Kari Polanyi Levitt. Et pourtant.

La première a toujours été très proche des cercles du pouvoir, d’où elle a influencé la création de politiques publiques et encadré par ses théories une certaine compréhension du monde globalisé. La deuxième est surtout connue pour sa perspective critique, inspirée par les thèses de Marx et de Keynes, pour son indépendance qu’elle a cultivé toute sa vie face au pouvoir et pour sa compréhension de l’économie des Caraïbes.

Et pourtant, toutes les deux se rejoignent sur le terrain des idéaux, de la justice sociale et de la reconnaissance des institutions comme « rempart contre les excès ou les abus qui peuvent survenir lorsqu’on laisse les acteurs les plus puissants » faire ce qu’ils veulent, estiment Michèle Rioux, prof de science politique, et Hughes Brisson, chercheur en économie, dans cet essai académique qui ausculte la pensée de ces deux actrices de changement ayant beaucoup agi dans l’ombre.

Selon eux, dans un monde en mutation qui se questionne sur lui-même et ses cadres économiques, ces deux intellectuelles qui réconcilient des oppositions apparentes méritent d’être connu. Et à la lecture de leur bouquin, on ne peut que leur donner raison.

Deux économistes à contre-courant. Sylvia Ostry et Kari Polanyi Levitt

★★★

Michèle Rioux et Hughes Brisson, Les PUM, Montréal, 2018, 126 pages