La balle jaune, Daniel Fehr et Bernardo P. Carvalho

Louise et Louis s’adonnent à une joute de tennis lorsque la balle s’immisce dans la reliure de l’album. Les enfants se glissent à leur tour dans la cavité sombre, d’où s’échappent de la musique et des voix. La suite est un heureux mélange de chasse au trésor, de « livre dont vous êtes le héros », invitant le lecteur à revenir sur ses pas, ou alors à sauter des pages, le tout afin de retrouver la fameuse balle jaune. Si l’histoire donne envie de poursuivre la lecture — quitte à se perdre dans ce curieux labyrinthe —, le jeu fait avec le graphisme et les illustrations de Carvalho ajoutent à l’effet ludique de l’ensemble. L’illustrateur ajuste habilement son trait non seulement aux décors visités par les personnages, mais aux événements qu’ils vivent dans cette traversée chaotique. Par exemple, présentés dans un style caricatural, les héros se « pixellisent » lorsqu’ils traversent des pages numériques. Le fond et la forme se livrent ici à un jeu qui ne peut qu’avoir un effet motivateur chez le lecteur.

La balle jaune

★★★★

Daniel Fehr et Bernardo P. Carvalho, traduit du portugais par Fabrice Bouchard, La Pastèque, Montréal, 2018, 36 pages