Omar Youssef Souleimane et le parcours du repentant

Omar Youssef Souleimane
Photo: Claude Gassian Flammarion Omar Youssef Souleimane

Il a cru au Mal, à la diabolisation de l’autre et à la violence punitive. Il a vibré pour le djihad, s’est perdu dans les pages du Coran, mais il s’en est sorti, au contact des Lettres, mais aussi de la langue française, qu’il utilise désormais, depuis la France où il habite, pour raconter ce parcours singulier, celui d’un repentant.

Récit simple d’une enfance complexe, placée entre l’exil, les dogmes religieux et l’aveuglement, Le petit terroriste raconte surtout, avec une écriture sensible, teintée d’une étonnante poésie, la mécanique de la haine ordinaire et l’espoir de pouvoir toujours s’en sortir.

« Je me suis regardé dans le miroir brisé : j’y ai retrouvé un visage familier, celui qui était le mien à mon arrivée en Arabie saoudite quatre ans auparavant. Mes yeux étaient limpides, vides de croyances et prêts à accueillir le monde tel qu’il était », écrit Omar Youssef Souleimane, le petit Omar, comme on l’appelait dans sa jeunesse, devenu «le petit terroriste» après avoir découvert le salafisme à l’adolescence. Avec ses parents, il avait alors fui la Syrie, où il est né en 1987, pour le royaume saoudien. C’est sur cette terre d’accueil qu’il a exploré une des facettes les plus sombres de sa personnalité.

Un humour fin et une réflexion limpide sur l’asservissement dans le confort des croyances balisent ce témoignage qui, loin de la complaisance et des préjugés habituels, laisse un regard oscillant entre l’intérieur et l’extérieur se poser sur la radicalisation. Un double point de vue sur les choses qui donne toute sa force et son rythme à ce journal, à cet arpentage des distances entre deux civilisations, à ce voyage au coeur de clivages qu’Omar Youssef Souleimane arrive ici magnifiquement à rapprocher.

Le petit terroriste

★★★★

Omar Youssef Souleimane, Flammarion, Paris, 2018, 220 pages. En librairie le 22 février