Le loup, le canard et la souris, Mac Barnett et Jon Klassen

« Très tôt un beau matin, une souris rencontre un loup et se fait avaler tout rond. » Avaler, mais non croquer, une nuance importante qui lui permet d’atterrir en un seul morceau dans l’antre du loup. Lieu mythique qui a vu passer beaucoup de personnages, le ventre est justement occupé par un canard qui en a fait sa maison. Bien vite, les deux compères se lient d’amitié, festoient et s’y sentent plus qu’à l’aise. S’ensuivent des échanges avec le loup, l’arrivée soudaine d’un bûcheron et une finale inattendue qui contribue à l’effet percutant du conte. Le trait naïf, dynamique et teinté d’humour de l’illustrateur Jon Klassen appuie par ailleurs avec une aisance toute naturelle le propos étiologique de Barnett. Traduite par Kévin Viala, toute l’histoire se joue à coup de dialogues francs assurant un rythme constant jusqu’à la fin, où l’on apprend enfin pourquoi les loups ont l’habitude de hurler à la lune. Un conte qui remet à l’honneur tout l’improbable des contes merveilleux.

Le loup, le canard et la souris

★★★★ 1/2

Mac Barnett et Jon Klassen, traduit de l’anglais par Kévin Viala, Scholastic, Toronto, 2018, 40 pages