Jules Verne face à une ligne claire

<p>Matteo Berton ajoute au «Voyage au centre de la terre» la beauté du graphisme.</p>
Illustration: La pastèque

Matteo Berton ajoute au «Voyage au centre de la terre» la beauté du graphisme.

C’est la ligne claire de Matteo Berton qui fait la différence, la façon qu’il a de laisser ses couleurs raconter le noir, l’exiguïté, puis le froid, le beau et le fantastique.


Revisiter Voyage au centre de la terre de Jules Verne a tout d’un exercice périlleux tant l’aventure, depuis son apparition dans le monde de la littérature en 1864, a été remodelée par l’illustration, le cinéma, la télévision… jusqu’à plus soif. Or l’illustrateur italien en extrait un récit fascinant dont les images magnifient cette oeuvre qui explore, sous un volcan, les confins de la science et de l’imaginaire.

« En Islande, ce qui est intéressant n’est pas à la surface », dit le professeur Otto Lidenbrock avant d’en faire la démonstration, en compagnie du jeune Axel et de Hans Bjelke, un chasseur d’eiders. Le bédéiste respecte la distribution des rôles et reste aussi collé sur la nature de cette descente dans les entrailles de la terre qui, sous couvert d’aventure extraordinaire, est finalement une géniale leçon de science.

Et pas que d’une seule, puisqu’il y est question autant de géologie et de spéléologie que de botanique, de paléontologie et même de géolocalisation et d’arpentage, le tout sous la lumière bleue des précieuses lampes de Ruhmkorff.

Avec une intelligence du découpage, une élégance du trait et une finesse de l’interprétation, cette relecture de Jules Vernes par le jeune illustrateur, dont l’oeuvre est ici traduite en français pour la première fois, n’apporte pourtant rien de neuf à l’objet, mais elle a le mérite d’y apporter au final beaucoup de beauté.

Voyage au centre de la terre

★★★ 1/2

Matteo Berton, traduit de l’italien par Véronique Dassas, La Pastèque, Montréal, 2018, 112 pages