Rentrée littéraire: les visages amusants et engagés de la bande dessinée

«Trois fois dès l’aube» du romancier italien Alessandro Baricco se fait illustrer sous le titre «3 fois dès l'aube».
Illustration: Futuropolis «Trois fois dès l’aube» du romancier italien Alessandro Baricco se fait illustrer sous le titre «3 fois dès l'aube».

Baricco en couleurs matinales

 

Ce sont des récits croisés, des histoires de nouveaux départs qui prennent forme dans l’intimité, parfois cruelle, de la nuit pour atteindre leur point de dénouement au petit matin. Trois fois dès l’aube du romancier italien Alessandro Baricco, publié en 2015, avait cette lumière fascinante des existences humaines complexes magnifiquement balisées par le monde des lettres. En ce début d’année, sous le titre 3 fois dès l’aube (Futuropolis) — forcément ! —, le bouquin va se mettre en couleurs et en forme dans une adaptation inspirée par l’univers graphique d’Edward Hopper et signée Aude Samama et Denis Lapière.
 

Rester sans mots

 

Illustration: Atrabile

Laisser la ligne claire mettre en lumière seule, sans un mot, la beauté, la sensibilité, l’universalité de la vie. Voilà le projet singulier qui guide depuis des années le dessinateur Nicolas Presl, auteur de Priape (2006), qui réapparaît en cette rentrée hivernale avec Levants (Atrabile). L’œuvre poursuit son incursion dans les cultures du Proche-Orient. Un marchand affable et une femme meurtrie s’y rencontrent et s’y racontent, dans un cadre narratif exigeant et risqué où l’auteur expose une fois de plus une totale maîtrise.
 

Une zone agricole en bédéreportage

 

Photo: La pastèque / Atelier 10

Le journaliste indépendant Remy Bourdillon, spécialiste des questions environnementales, et l’illustrateur Pierre-Yves Cezard, qui bosse pour le monde de la communication et de l’édition, ont déjà mis en enquête et en dessin une histoire de reconversion d’un bâtiment industriel. Ce printemps, ils se mettent au vert. Dans Faire campagne (La Pastèque/Atelier 10), ils plongent dans le garde-manger des Québécois où le culte de la productivité et la mainmise d’un syndicat font apparaître des tensions, des paradoxes et des contradictions.
 

Yves, un gars ben ordinaire

 

Illustration: Pow pow

Ce n’est pas parce qu’on en rit que c’est drôle, sauf peut-être en compagnie d’Yves, urbain, sympathique dans sa banalité, amusant dans sa conformité, mis au monde par Luc Bossé et Alexandre Simard en 2010 dans Yves, le roi de la cruise (Pow Pow), chroniques sociales d’un jeune homme bien de son temps. Sept ans plus tard, le comique malgré lui prépare son retour en avril prochain dans Yves, fidèle à lui-même (Pow Pow). Désormais, il attire les filles — ce qu’il ne faisait pas très bien avant. Normal, puisqu’il vit désormais en couple.
 

Spirou mis en abyme

 

Illustration: Dupuis

Voilà une bande dessinée complètement méta. Alors que la comédie Les aventures de Spirou et Fantasio se prépare à prendre d’assaut les écrans du 7e art en 2018, sous la réalisation d’Alexandre Coffre, Le triomphe de Zorglub (Dupuis), lui, propose en février, sur un scénario d’Olivier Bocquet et les dessins de Brice Cossu et Alexis Sentenac, une aventure singulière, pour ne pas dire opportuniste. À l’intérieur : Spirou, l’illustre personnage du 9e art, se retrouve face à un projet de film sur sa vie. Or Fantasio n’arrive pas à décrocher son propre rôle, étant jugé trop vieux pour la chose. Et la suite, entre l’Afrique et la France, prend les tonalités ludiques de circonstance.