À peine un petit air de jazz, Gilles Archambault

Ce recueil en 34 nouvelles de Gilles Archambault suinte une telle amertume, et c’est là sa principale force, qu’il laisse dans un état de malaise profond. S’il y a sans doute eu des joies chez ces personnages fuyants et alourdis par l’échec, dont on rencontre la vie en scènes brèves et concises, aucune ne perce ici. On reçoit plutôt leurs amours inconstantes, leur haine ou leur ennui irrépressibles, leur désir de mort, leur nostalgie (ou, au contraire, leur dégoût) de la jeunesse. Certaines histoires tiennent en un seul paragraphe, dont Dans la chambre, un exercice touchant qui rappelle la mort de l’épouse d’Archambault racontée dans Qui de nous deux ? (2011). À l’instar de ce qu’elle exprime, l’écriture, à la monotonie générale, est sans fantaisie, alourdie parfois d’expressions usées. Au-delà d’une émotion puissante bien qu’étale, ce tout petit livre distille en sous-texte une furieuse envie de vivre tant le feu éteint de ces narrateurs semble attendre une fin véritable.

À peine un petit air de jazz

★★★

Gilles Archambault, Boréal, Montréal, 2017, 120 pages

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