Brasser le varech, Noémie Pomerleau-Cloutier

C’est lorsque sa mère lui offre l'« exemplaire vintage » de la Flore laurentienne que chérissait son défunt père que Noémie Pomerleau-Cloutier réapprend à parler la langue paternelle, annonce-t-elle dans les premières pages de Brasser le varech. Récit du deuil difficile du paternel, avalé pour toujours par le bois, ce premier livre enracine sa musique à la fois douce et rugueuse dans de nombreux emprunts au vocabulaire de la botanique, tout en subvertissant la novlangue de ceux qui tentent de faire passer les coupes à blanc pour de la gestion sylvicole avisée. « L’exploitation forestière n’a pas réussi à te valoriser », ironise la poète dans un long autoportrait à la deuxième personne. Avec une érudition parfois déroutante, mais un fertile sens de la métaphore inédite, cette promenade dans la forêt des origines célèbre la beauté des silences de chemins de traverse au coeur desquels fleurit souvent le dialogue père-fille.

Brasser le varech

★★★

Noémie Pomerleau-Cloutier, La Peuplade, Chicoutimi, 2017, 114 pages