À toi, de tout coeur. Lettres d’amour à Léo-Paul Desrosiers. 1920-1922, Michelle Le Normand

Devenir la femme de Léo-Paul Desrosiers, le premier Québécois publié chez Gallimard, grâce à son roman Les engagés du Grand Portage (1938), sort de l’ordinaire. Aussi Michelle Le Normand (pseudonyme de Marie-Antoinette Tardif), chroniqueuse au Devoir dès 1916 et elle-même romancière, appelle-t-elle son fiancé « mon tyran, mon futur batteux de femme ». Si elle avait refusé sa demande en mariage, Léo-Paul, raconte-t-elle, de son aveu, « m’aurait bâillonnée en m’embrassant si fort que j’aurais aimé ça, et que, paraît-il, je n’aurais plus eu envie de crier, mais j’aurais continué à me débattre pour la forme ». Seul cet humour fou pouvait percer l’étouffante société québécoise de l’époque, surtout de la part de ceux qui, le sourire aux lèvres, en assumaient le terrible poids.

À toi, de tout coeur

★★★

Michelle Le Normand, texte inédit annoté par Georges Aubin, Point du jour, L’Assomption, 2017, 404 pages