«J'achète un livre québécois», un succès qui dure

Le phénomène est né sur les réseaux sociaux, lancé par les auteurs Patrice Cazeault et Amélie Dubé, qui cherchaient à faire un geste constructif et positif pour le livre québécois.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le phénomène est né sur les réseaux sociaux, lancé par les auteurs Patrice Cazeault et Amélie Dubé, qui cherchaient à faire un geste constructif et positif pour le livre québécois.
Le temps de colliger chiffres et données, le temps de compter, le temps de comparer. La société de gestion de la Banque de titres de langue française (BTLF) a dévoilé il y a quelques jours les résultats du dernier « Le 12 août, j’achète un livre québécois ». Et BTLF conclut que le lancement en 2014 de cette journée qui célèbre le livre made in Québec a changé, vraiment, les habitudes d’achat estivales dans les librairies d’ici.

« Avant 2014, illustre la BTLF, pour chaque tranche de 100 $ dépensés en livres québécois (toutes catégories) le 12 août, on avait l’habitude de consacrer 9 $ pour la littérature québécoise, alors qu’après 2014 [la dépense moyenne s’est élevée] à 33 $ pour les quatre éditions du 12 août. »

En 2017, les ventes en librairies ont connu une hausse de 390 % pour ce jour où l’édition d’ici est vedette. Les ventes de fiction québécoise sont celles qui bénéficient le plus de ce sursaut, et elles ont été multipliées par cinq si on les compare aux ventes des cinq samedis précédents. « Le 12 août 2017 fait non seulement bondir les ventes en quantité », poursuit la BTLF, mais il fait augmenter également la variété des titres de fiction achetés : le nombre de titres vendus double. On achète plus de livres, et pas seulement des nouveautés. On y achète également plus d’un exemplaire, plus d’un titre, et pas seulement d’un seul auteur. L’engouement se fait sentir partout dans la province, pas seulement dans les grands centres. Et les livres étrangers bénéficient aussi de l’effet, même s’il est moins marqué pour leur segment.

Le 12 août, phénomène éclair, est né sur les réseaux sociaux, lancé par les auteurs de fantasy Patrice Cazeault et Amélie Dubé, qui cherchaient ainsi, de manière toute simple, à faire un geste constructif et positif pour le livre québécois plutôt qu’à répéter les discours alarmistes. La date, choisie simplement parce que « douzou, ça sonne bien… », permet depuis, comme un Noël du campeur, de relancer les ventes en librairies lors de la période estivale connue davantage pour son calme plat. À ce jour, c’est l’édition de 2015 qui a créé le plus d’élan, en faisant gonfler les ventes de 483 % ; 2017 se retrouve en seconde position.