La première phrase de «Routes secondaires» d’Andrée A. Michaud

«Je dois m’appeler Heather. Elle doit s’appeler Heather».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Je dois m’appeler Heather. Elle doit s’appeler Heather».

« Je dois m’appeler Heather. Elle doit s’appeler Heather ».
 

« Je marchais dans le 4e rang de mon village, j’observais la nature, je réfléchissais, quand ces deux phrases me sont venues à l’esprit », résume Andrée A. Michaud, auteure de Routes secondaires, récit singulier d’une écrivaine confrontée à sa création..

Le bouquin marque aussi le retour de l’auteure de Bondrée (2014) et Le ravissement (2001), pour lesquels elle a décroché un Prix littéraire du Gouverneur général. « Pour moi, la chose était claire. Je tenais là l’idée de ce roman. Je savais qu’il allait parler d’identité et de double, des thèmes que j’exploite dans plusieurs de mes romans et que je voulais ici creuser à fond, sans doute pour essayer de m’en débarrasser. »

Voyage au coeur de la dualité en compagnie d’Andrée A. Michaud, écrivaine, et de Heather Thorne, jeune femme amnésique, Routes secondaires est difficile à résumer, mais se laisse étrangement très bien saisir par ses premières phrases.

Présent dans son histoire

« Ce livre montre que l’auteur est toujours présent dans son histoire, qu’il est toujours omniprésent, que créer, c’est une question de réciprocité, d’influence et d’une fusion qui se crée à un moment donné entre lui et son personnage », poursuit la romancière, rencontrée à Montréal il y a quelques jours avant le Salon du livre qui s’est ouvert mercredi et dont elle est une invitée d’honneur.

Je dois m’appeler Heather. Elle doit s’appeler Heather.

 

Quelle est l’identité d’un personnage ? A-t-il un passé, une mémoire, un avenir ? Ceux de Routes secondaires, eux, « ont vécu entre le1er mars 2014 et le 19 janvier 2017 », expose la romancière en amorce de son bouquin, qu’elle présente comme la mise en scène du processus de création d’un livre tel qu’il est vécu par « la majorité des écrivains ».

« D’habitude, c’est un décor, un paysage, une atmosphère qui m’inspire les premières phrases, dit-elle. Là, pour la première fois, mon roman commence par un personnage qui prend la parole. » Sans doute, parce qu’il avait très envie d’être écouté…

La première phrase

Comment apparaît la première phrase d’un roman? Celle qui, avec les premiers mots d’un livre, forme l’incipit et forge du même coup le mystère d’un début.

Routes secondaires

Andrée A. Michaud, Québec Amérique, Montréal, 2017, 242 pages