Donnacona, Éric Plamondon

Il y a quelque chose de fluide dans l’écriture d’Éric Plamondon, un débit maîtrisé tenant du journal personnel, du récit posé sur papier pour ne pas oublier et qui finit très vite par dévoiler son aspect documentaire et social absorbant le lecteur dans l’universalité de son propos. Donnacona, nouvelle qui nomme ce recueil contenant aussi deux textes déjà publiés ailleurs (Lendemain de pêche et Ristigouche), donne corps à la chose avec ces souvenirs de jeunesse sur les bords de la Jacques-Cartier, quelque part dans les années 1980 et 1990, dans le comté de Portneuf. Bière, mise en danger, papetière, pénitencier, travail d’été, patates frites et éloignement se croisent dans un tout qui laisse le recul éclairer l’innocence et les drames du passé. « On avait quatorze ans et l’avenir brillait dans nos têtes comme le soleil sur les rapides », écrit-il dans ce texte qui, lui, laisse briller une mémoire singulière facilement partagée par d’autres.

Donnacona

★★★★

Éric Plamondon, Le Quartanier, Montréal, 2017, 130 pages